La vérité sur le boeuf que nous mangeons

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La vérité sur le boeuf que nous mangeons

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SALON DE L'AGRICULTURE – Que mangeons-nous réellement quand on mange du boeuf?… Elles sont près de 19 millions en France. Normandes, Charolaises ou Limousines, les vaches françaises sont diverses et leurs destins sont très différents selon qu’elles sont élevées pour leur lait ou pour leur viande. Alors que les veaux sont massivement exportés vers l’Italie, les vaches laitières finissent souvent leur vie en barquette à bas prix dans les supermarchés et les bœufs se font rares. Loin d’être aussi industrialisé qu’aux Etats-Unis ou en Amérique du Sud, l’élevage bovin français est souvent le reflet de particularités régionales que l’on ne retrouve pas forcément dans nos assiettes.

La France, un pays de fromage mais pas de viande

Près de 25 races de vaches cohabitent en France. Une situation exceptionnelle comparée aux autres pays européens ou au reste du monde, où les races d’origine britannique (Sussex, Angus,…) sont majoritaires. C’est cette diversité qui permet à la France d’avoir une grande variété de fromages, mais pas forcément une viande de qualité: les races à viande (Salers, Charolaise,…) sont minoritaires par rapport aux races laitières comme les Prim’Holstein ou aux races mixtes, comme les Normandes.

Certaines races ont toutefois du se reconvertir face à l’industrialisation de la production laitière. Ainsi, dans le Cantal, les Salers, qui étaient à l’origine une race à fromage, sont aujourd’hui plutôt élevées pour leur viande: «95% des effectifs sont pour la viande. Les laitiers se sont recentrés vers les races laitières plus productives», explique Bruno Dufayet, éleveur de vaches Salers à Mauriac. Résultat: la France est le deuxième pays producteur de lait en Europe après l’Allemagne, avec 3.800.000 vaches laitières, 92.000 exploitations et une production de 23 millions de tonnes de lait par an.  

Pas d’industrialisation des élevages français

L’augmentation de la productivité des laitières ne rime pas avec concentration des fermes selon Christophe Hervy, éleveur bio de vaches laitières en Charente: «En France, il n’y a pas de ferme industrielle de laitières. Au maximum, on compte 100 à 150 vaches par ferme, mais il n’y en a pas beaucoup dans ce cas et c’est souvent parce que ce sont deux éleveurs ou plus qui se sont associés. La moyenne française est de 40 à 50 vaches», explique cet éleveur de Prim’Hosltein.

 Lorsque les laitières ne donnent plus assez de lait, elles sont encore utiles: en France,  près de la moitié (42%) de la viande produite est issue de vaches «réformées», les laitières en fin de carrière qui partent à l’abattoir. Une rude concurrence pour les races à viande, souvent élevées dans des plus petites fermes et nourries avec de l’herbe et du foin. «J’ai 50 vaches élevées dans un système herbagé, témoigne Bruno Dufayet. L’alimentation des vaches est à base d’herbe et de foin et céréales en hiver. Je suis obligé de respecter le cycle de l’herbe et des bovins, je ne peux pas intensifier.» Ses viandes sont commercialisées sous le label rouge Salers, en boucherie ou grandes surfaces.

75% de viande de femelles

3,5 millions de bovins sont élevés en France pour la viande, mais plus de 1,3 million part à l’exportation. Parmi eux, 80% des broutards, les veaux mâles, partent à l’engraissement en Italie. Au final, ce que l’on retrouve dans nos assiettes est un peu différent de la production nationale: la France exporte massivement ses veaux et importe de la vache de réforme. Selon l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) 75% de la viande de bœuf consommée en France est en réalité de la viande de vache ou de génisse.

 

Comment choisir sa viande :

 

Alors que le Salon de l'Agriculture vient d'ouvrir ses portes à Paris, et que l'élevage intensif fait polémique, NEOPLANETE donne ses bons conseils pour bien choisir sa viande…

Consommer de la viande, ça pollue et ce n’est pas toujours bon pour la santé. Préférez donc la qualité à la quantité. Voici comment vous y retrouver parmi les labels, avec en prime des sites proposant des produits directement de la ferme.

L’agriculture biologique et le label bio européen L’agriculture biologique garantit que le mode de production est respectueux de l’environnement et du bien-être animal. Les règles qui encadrent le mode de production biologique sont les mêmes dans toute l’Europe, et les produits importés sont soumis aux mêmes exigences (le logo européen est obligatoire depuis le 1er juillet 2010).

Viande Bovine Française (VBF) Ce label mis en place par l’Association Française Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes certifie que le bovin dont est issue la viande est né, a été élevé et a été abattu en France.

Le label rouge est un signe officiel français qui désigne des produits qui, par leurs conditions de production ou de fabrication, ont un niveau de qualité supérieure par rapport aux autres produits similaires.

L’appellation d’origine contrôlée (AOC) désigne un produit dont toutes les étapes de fabrication (la production, la transformation et l’élaboration) sont réalisées selon un savoir-faire reconnu dans une même zone géographique, qui donne ses caractéristiques au produit.
Ex : Chablis, Bordeaux, Roquefort, poulet de Bresse, lentille verte du Puy, …

L’appellation d’origine protégée (AOP) est l’équivalent européen de l’AOC. Elle protège le nom d’un produit dans tous les pays de l’Union européenne. Ainsi, le Saint-nectaire, ne peut être fabriqué que dans une partie de l’Auvergne à partir de lait issu de la zone géographique.

L’indication géographique protégée (IGP) désigne un produit dont les caractéristiques sont liées au lieu géographique dans lequel se déroule au moins sa production ou sa transformation. C’est un signe européen qui protège le nom du produit dans toute l’Union européenne.
Ex : Jambon de Bayonne, riz de Camargue, pruneau d’Agen, Côtes de Gascogne, cidre de Bretagne…

La Spécialité Traditionnelle Garantie (STG) protège une recette traditionnelle.Ex : jambon Serrano, Gueuze (bière)…

Connaissez-vous l’association Bleu-blanc-cœur ? Elle réunit 345 membres: producteurs, transformateurs, distributeurs… qui œuvrent pour offrir une alimentation plus saine, plus savoureuse et plus équilibrée aux animaux. Leur devise: «Pour bien nourrir les hommes, commençons par prendre soin de nos cultures et de nos animaux». La liste des membres, et plus d’informations sur leur site.

Où trouver de la viande de qualité? A la ferme pardi! Si vous pensez qu’elles n’existent qu’au fin fond de la Creuse détrompez-vous, voici quelques outils pour trouver votre bonheur :

– Par le biais des AMAP: vous payez d’avance vos produits pour la saison auprès d’un agriculteur, qui livrera chaque semaine votre panier à un lieu fixé.
– Par le biais des paniers bio: vous commandez par Internet vos produits et vous allez les chercher soit à la ferme, soit dans un point relais.
– Directement à la source : trouver la ferme la plus proche de chez vous :http://www.bienvenue-a-la-ferme.com/


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By |février 22nd, 2011|Art & Culture|0 Comments

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