Une ville marocaine à énergie positive : Ch’rafate

Une ville marocaine à énergie positive : Ch’rafate

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La comparaison avec Masdar ? Olivier Fradin la balaye d’un revers de main. Si le projet Ch’rafate consiste bien à créer ex-nihilo une ville à haute performance énergétique, la similitude entre la future cité marocaine et le titanesque chantier d’Abou Dabi s’arrête là. « Il ne faut pas comparer Ch’rafate avec les projets qui émergent aux Emirats. Là-bas, des milliards de dollars sont investis. Nous ne sommes pas sur les mêmes échelles » explique le Chef de projet d’Automatique et Industrie (A.I). Un bureau d’études isérois qui travaille avec l’Aderee – équivalente marocaine de l’Ademe – à définir la stratégie d’efficacité énergétique de Ch’rafate. Une mission menée en partenariat avec H3C Energies.

 
Et la tâche s’annonce ardue. Basée entre Tanger et Tétouan, la future cité verte se résume en effet pour l’instant à quelques voiries. Une localité que l’Etat marocain souhaite transformer, d’ici une dizaine d’années, en une ville moderne et durable de 150 000 habitants et 1300 hectares. Ch’rafate devra notamment abriter les travailleurs du port de Tanger et de la future usine Renault de Tanger-Med. « Développer une ville c’est répondre à des contraintes énormes. L’efficacité énergétique est une problématique parmi d’autres explique Olivier Fradin. D‘autant que l‘objectif n’est pas de construire une ville pour riches. C’est un véritable projet d’intégration local. ». Les premiers bâtiments qui sortiront de terre en 2012 devront ainsi être économes en énergie mais aussi financièrement abordables. L’enveloppe globale du projet Ch’rafate étant limitée à 240 millions d’euros (24 milliards de dirhams).
 
Concevoir un habitat adapté au contexte local
 
Pour tenir ce cahier des charges serré, Automatique et Industrie a fait le choix d’une démarche pragmatique. « L’objectif c’est de rester dans des choses simples explique Olivier Fradin. Nous avons la volonté de tendre vers cet objectif du zéro émission avec des solutions concrètes et applicables tout de suite ». Une approche qui concerne d’abord les méthodes de construction, notamment en matière d’isolation. Automatique et Industrie testera ainsi sur le terrain différentes techniques grâce à un bâtiment démonstrateur. Validées, elles seront transmises aux promoteurs chargés de bâtir les futurs 30 000 logements de Ch’rafate. Autre axe de travail : l’instrumentation et le pilotage des immeubles et des réseaux (éclairage…) afin d’éviter les gaspillages d’énergie dans la cité. Un sujet pour lequel Automatique et Industrie prévoit la création d’un logiciel ad hoc de gestion d’énergie à l’intérieur des bâtiments Ch’rafate.
 
Sans surprise, la future ville verte s’engagera également dans la production d’énergies renouvelables. Il est bien sûr question de solaire thermique et photovoltaïque, mais aussi d’éolien et même d’hydroélectricité. Un mix qui doit amener le projet marocain vers son objectif d’autonomie énergétique. « L’idée c’est de coupler toutes les bonnes pratiques. L’autonomie, c’est clairement l’objectif. Nous travaillons dur pour l’atteindre mais ça ne reste qu’un objectif ». Après 18 mois de préparation en amont, Automatique et Industrie vient d’entamer son étude de terrain au Maroc. Une mission qui devrait durer près d’un an.« C’est un long cheminement, c’est une belle histoire » confie Olivier Fradin. Une belle histoire ? Rien d’étonnant. En arabe, Ch’rafate signifie beauté.

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