La demande concernant les petites éoliennes (KWA,

[1]) de puissance inférieure à 20 kW est en hausse en Allemagne. Cependant les standards d’homologation de celles-ci manquent et actuellement, face à des tarifications réduites, seule la consommation propre de l’électricité produite est rentable, contrairement à l’injection sur le réseau.

"Nous avons enregistré dans les dernières années une demande en forte croissance pour nos produits. Nous ne ressentons presque rien de la crise économique", admet Heidi Paulsen, porte-parole du constructeur d’éoliennes Easywind, qui s’est spécialisé dans les KWA. La participation de RWE dans l’entreprise de production britannique Quiet Revolution depuis l’année dernière montre que la branche énergétique mise également sur les mini-éoliennes.

Les producteurs comptent sur la demande de particuliers et d’exploitants agricoles qui veulent produire l’électricité pour leur besoin personnel – pour approvisionner en énergie les bâtiments éloignés du réseau comme les maisons de vacances ou les étables. Les particuliers s’intéressent davantage aux petits modèles avec une puissance de 1 kW ou 1,5 kW et un rendement annuel allant jusqu’à 2.000 kWh. Les exploitants agricoles ou commerçants ayant une consommation d’électricité nettement plus élevée investissent avant tout dans des éoliennes de 5 ou 10 kW", affirme Thomas Endelmann, porte-parole de l’association fédérale des KWA. Cependant, ces petites éoliennes, malgré une demande croissante, ne constituent jusqu’à présent qu’un marché de niche. En Allemagne fonctionnent actuellement entre 3.000 et 5.000 éoliennes pour une puissance comprise entre 500 W et 5 kW, ainsi que 100 à 150 éoliennes entre 5 kW et 10 kW, selon l’estimation d’Uwe Hallenga, du forum Internet kleinwindanlagen.de.

Le plus grand inconvénient pour les fabricants est l’étude d’homologation : pour les KWA, les conditions sont les mêmes que pour les grandes installations éoliennes commerciales. Des standards homogènes à l’échelle fédérale s’avèreraient de ce fait nécessaires et adaptés aux KWA. L’assimilation juridique des KWA aux grosses éoliennes a des conséquences économiques : actuellement les petites éoliennes coûtent environ 3.000 euros/kW. L’investissement est ainsi deux fois plus élevé que pour une éolienne commerciale. Les exploitants de KWA qui ne consomment pas leur électricité eux-mêmes, mais l’injectent dans le réseau, reçoivent seulement 9 cents/kWh – autant qu’un exploitant d’éoliennes. Ainsi, seule la consommation propre est rentable. "Ce n’est pas le calcul économique, mais plutôt le désir d’indépendance vis-à-vis des grands groupes énergétiques qui est la raison pour laquelle beaucoup de gens investissent dans une KWA. Avec leur propre éolienne, les exploitants se dissocient des augmentations des prix des ravitailleurs", explique Thomas Endelmann.

Avec l’amendement de la loi sur les énergies renouvelables (EEG, [2]), l’électricité en provenance des installations photovoltaïques sera désormais subventionnée quand le producteur utilisera cette électricité pour sa propre consommation, au lieu de l’injecter sur le réseau. Thomas Endelmann souhaiterait que soit instaurer la même réglementation pour les KWA afin de réduire leurs handicaps. Une autre solution consisterait à indemniser l’injection sur le réseau de l’énergie éolienne de façon dépendante de la consommation totale d’énergie : quand le besoin d’électricité est élevé, les propriétaires d’éoliennes privées peuvent injecter leur énergie à prix intéressants sur le réseau, et au contraire en cas de demande faible et de prix réduits la consommation personnelle est plus rentable. Un tel concept présuppose cependant l’introduction généralisée de compteurs intelligents d’électricité et de concepts tarifaires correspondants.

[1] KWA : Kleinwindanlage