Chine: du bio-kérosène pour les vols intérieurs

Chine: du bio-kérosène pour les vols intérieurs

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Airbus poursuit sa stratégie de développement des bio-kérosènes sur tous les continents. Cap cette fois sur la Chine où l’avionneur européen accompagnera Sinopec pour certifier un carburant à base… d’huile usagée.

C’est de l’huile de cuisine qui sera recyclée pour produire les premiers litres de bio-kérosène en Chine ! Un gisement considérable puisqu’on estime, au niveau mondial, à 5 millions de tonnes la quantité d’huiles usagées. Le carburant qui sortira de la raffinerie de Sinopec à Hangzhou, selon un procédé certifié, l’hydrotraitement des huiles végétales, a pour vocation de servir à la flotte commerciale en Chine. Pas encore pour les vols internationaux !

Pour l’instant, de toute façon, les bio-kérosènes, quels qu’ils soient, n’en sont pas au stade commercial. Seuls deux procédés de fabrication à base d’huile végétale et de biomasse ont été certifiés, et ils ont été expérimentés, de façon concluante, notamment en Europe, jusqu’à concurrence de 50% aux côtés du kérosène fossile traditionnel. Le rendement du bio-kérosène sur de gros volumes serait même supérieur au kérosène classique, mais le prix est encore quatre fois plus élevé.

Pour l’instant, il s’agit davantage pour Airbus et tout le secteur aérien de montrer qu’ils font des efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, tout en préparant la relève des biocarburants de 2e et de 3e génération, qui n’empiètent pas sur les productions alimentaires. Avec une filière de bio-kérosène différente sur chaque continent pour tester plusieurs pistes. En Europe, c’est la caméline, une espèce de moutarde, qui a été choisie. Parce qu’elle peut être cultivée en rotation sur des terres à blé, comme en Espagne, voire, peut-être, dépolluer d’anciennes friches industrielles – l’expérimentation est en cours en Roumanie.

En Amérique latine, c’est le jatropha, encore une huile non alimentaire, qui est privilégié. Au Qatar, Airbus soutient la piste des biocarburants à base d’algues. Et en Australie, c’est l’eucalyptus local, le mallee, une plante de taillis, qui attend la certification du procédé de transformation, par pyrolyse, cette fois. En soutenant une filière en Chine, Airbus élargit donc sa palette ; l’avionneur européen montre aussi qu’il collabore avec un secteur aérien chinois très irrité par la future taxe carbone de Bruxelles.

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