Eau, air, café, papier… saviez-vous que ces denrées sont en partie fournies par la forêt ?

Pour nous le rappeler et nous inciter à toucher du bois pour éviter de foncer dans le mur à trop vive allure, une ONG spécialisée dans la protection de la forêt, Envol Vert, a élaboré une facture d’un nouveau genre.

On ne s’y attend pas, et c’est pour cela qu’elle marque autant. Elle est arrivée sans crier gare dans mes courriels, entre l’accusé de réception de paiement des impôts, relevés de compte en ligne et autres factures de téléphone ou d’électricité. Un relevé comptable qui m’explique ce que je dois à la forêt et le montant de la remise qui m’a été faite en 2011, voyez plutôt :

Au total, la forêt m’a fait cadeau d’un peu plus de 600 euros, équivalent monétaire des ressources auxquelles je peux accéder grâce aux arbres, autrement dit elle m’a offert ses services sans que je m’en rende compte… ni ne lui en rende compte !

Des services, quels services ?

Je me suis alors demandée si passer une journée sans toucher de bois était possible. Manque de bol, il y a du parquet partout dans mon appart et je n’aurais fait que me lever du mauvais pied ce jour là. Un coup d’œil à mon bureau et à la tonne de livres, papiers et caisses de vin qui me servent de bibliothèque suffisent à me rappeler furieusement que mon défi est impossible.

Sans oublier les effets indirects indiqués ci-dessus : accès à l’air que je respire (les forêts actuelles sont en mesure d’éliminer chaque année environ 15% des émissions de dioxyde de carbone générées par l’homme), accès à l’eau (en 2007, le service de régulation du débit de l’eau rendu par les forêts a été évalué entre 1360 et 5235 dollars par hectare et par an, uniquement pour les forêts tropicales), et de quoi me nourrir (la valeur de nourriture  provenant de la forêt a été évaluée entre 75 et 552 dollars par hectare et par an).

Quand on sait, d’après une étude réalisée par le climatologue Benjamin Cook et publiée en mai 2011, que la disparition de la civilisation Maya serait liée à la destruction des forêts et que cette explication est également avancée dans le déclin environnemental de l’Île de Pâques… cela pose une question: ne devrions nous pas être plus soigneux avec les poumons de la planète ?

En tout cas, voilà une campagne qui en jette et « envoie du bois », non ?

Pour aller plus loin

Source: Anne-Sophie Novel – lemonde.fr