Cool, bientôt plus de pétrole!

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Va-t-on enfin se tourner vers les énergies propres? Pas encore, car l’on n’a pas encore trouvé le moyen de taxer les rayons du soleil ou l’air!

L’Arabie Saoudite ne peut plus augmenter sa capacité de production de brut

On attendait avec impatience la publication par Wikileaks de câbles de l’ambassade américaine en Arabie Saoudite. Nous voilà servis.

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Les Etats-Unis redoutent que l’Arabie Saoudite, 1er producteur et exportateur mondial de pétrole, n’ait pas assez de réserves de brut pour empêcher une escalade inexorable des prix du baril dans les années à venir, selon des câbles de l’ambassade américaine à Riyad analysés par le Guardian.

Transmis entre 2007 et 2009, les câbles des diplomates américains rendent compte des pronostics déjà connus de Sadad al-Husseini, ex-n°2 de la Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale saoudienne. Sadad al-Husseini, ancien patron de l’exploration de l’Aramco, a prévenu à plusieurs reprises que l’Arabie Saoudite ne sera jamais capable d’atteindre un niveau de production suffisant pour faire face à l’augmentation prévue de la demande mondiale de pétrole.

En 2009, l’Arabie Saoudite a extrait de son sol 9,7 millions de barils par jour (mb/j), soit 12 % de la production mondiale. En 2005, elle a pu atteindre un record de 11,1 mb/j.

L’Arabie Saoudite, qui dispose du cinquième des réserves de la planète, est souvent présentée comme le seul producteur mondial majeur qui puisse encore augmenter substantiellement ses extractions dans les années et les décennies à venir. Dans son dernier rapport annuel, l’Agence internationale de l’énergie s’attend ainsi à voir la production saoudienne monter jusqu’à 14,6 mb/j. En 2004, sous l’administration Bush, Washington allait jusqu’à évoquer 22,5 mb/j.

C’est précisément à cette époque que Sadad al-Husseini, alors fraîchement retiré de son poste à la direction de la Saudi Aramco, a fait son apparition dans la diplomatie du pétrole. Ce qu’il explique dans les câbles révélés par Wikileaks, il l’avait déjà dit à plusieurs journalistes : l’Arabie Saoudite ne pourra jamais atteindre 12,5 mb/j, faute de réserves exploitables suffisantes.

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Autrement dit, la “banque centrale du pétrole”, ainsi que l’on surnomme le très riche royaume arabe, est déjà parvenue à sa capacité de production maximale. Pour Sadad al-Husseini, l’Aramco ne saurait aller guère au-delà de sa capacité actuelle :12,19 mb/j (d’après les chiffres proposés par le département de l’énergie américain).

Avec 9,7, mb/j extraits en 2009, la marge de manoeuvre de l’Aramco reste pour l’instant appréciable. A elle seule, l’Arabie Saoudite dispose aujourd’hui de 70 % des capacités de production inutilisées.

Mais la demande mondiale de brut est repartie à la hausse, tirée par la forte croissance des pays émergents. Elle a déjà dépassé son niveau antérieur à la crise de 2008.

Pour Sadad al-Husseini, un pétrogéologue né en Syrie et formé aux Etats-Unis, les extractions saoudiennes devraient se maintenir sur un plateau situé entre 9 et 12 mb/j durant une quinzaine d’années. Seulement, le Dr. Husseini a l’art de rester très évasif lorsqu’on lui demande quand ce plateau a débuté…

Sadad al-Husseini a répété aux diplomates américains son diagnostic sur l’avenir de la totalité de la production de pétrole mondiale.

Il est probable, selon lui, que cette production mondiale soittrès proche de son maximum, ou qu’elle l’ait déjà atteint.

Ce qu’il y a de vraiment nouveau dans ces câbles, c’est qu’ils viennent compléter les indices d’une inquiétude de Washington vis-à-vis de l’avenir de la production saoudienne.

En novembre, a été publié une enquête montrant que Twilight in The Desert, un livre qui accuse l’Aramco de surestimer ses capacités futures de production, est la source décisive de deux rapports récents du Pentagone envisageant des pénuries mondiale de pétrole « sévères » à partir de 2012.

En juillet, le roi Abdallah a déclaré : « J’ai ordonné d’interrompre toute exploration pétrolière afin qu’une part de cette richesse soit préservée pour nos fils et nos successeurs, si Dieu le veut. »

L’incertitude de Washington à l’égard de la Saudi Aramco mérite de retenir l’attention. Scellée en 1945, l’alliance entre Washington et Riyad est l’une des plus stables de l’ère moderne. Durant trois décennies, avant de devenir la Saudi Aramco, l’Aramco tout court (qui signifie Arabian American Oil Company) était la propriété de quatre des principales compagnies pétrolières américaines : Exxon, Mobil, Socal et Texaco.

En dehors de Riyad, s’il y a une capitale au monde où l’on sait peut-être ce que contiennent les sous-sols saoudiens, c’est bien Washington.

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