Culture de maïs pour du Bioéthanol

Culture de maïs pour du Bioéthanol

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La presse locale du Midwest, dont Omaha World Herald, Des Moines Register et Toledoblade, fait état des préoccupations de l'industrie de l'éthanol de maïs aux Etats-Unis qui, après avoir été longtemps soutenue par le Congrès, a aujourd'hui à faire face à de nombreux opposants. En effet, après avoir été accusé d'être responsables de la hausse des prix de la nourriture pour bétail et de ceux des produits finis en grande surface, les producteurs de bioéthanol ont à affronter les rétissances du Congrès pour la poursuite des crédits d'impôts ainsi que les oppositions de l'industrie automobile.

A cela s'ajoute l'EPA, qui met un frein à l'adoption de sa loi pour l'augmentation du pourcentage d'éthanol mélangé à l'essence. Ces différentes contraintes poussent les industriels du secteur à se tourner vers l'exportation pour liquider leurs stocks de biocarburant.

Après une décennie florissante avec une production d'éthanol/maïs passant de 3,9 milliards de gallons en 2005 [1] à 10,6 milliards de gallons en 2009 [2], soit une augmentation de près de 172%, l'industrie de l'éthanol est menacée. En effet, le scepticisme du public, la création d'associations militantes anti-éthanol ainsi qu'une possible interruption des crédits d'impôts, ont poussé les industriels de l'éthanol à s'unir dès 2008 pour former la Growth Energy. Le groupe a été créé dans le but de promouvoir la réduction des émissions de gaz à effets de serre, l'ajout d'éthanol dans l'essence, la diminution de la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis du pétrole étranger et de créer des emplois locaux. Le membre le plus important de cette organisation est Poet LLC, basé dans l'Ohio, qui compte parmi les deux plus gros producteurs d'éthanol du pays.



Les deux principaux enjeux pour les industriels des biocarburants sont les milliards de dollars de crédits d'impôts (un dollar par gallon), mesure qui arrive à expiration à la fin de l'année et l'imminente loi prévoyant d'augmenter la quantité d'éthanol mélangée à l'essence que l'EPA (Environmental Protection Agency) tarde à promulguer. Les producteurs d'éthanol, à travers le groupe Growth Energy, tentent de convaincre l'opinion publique ainsi que le Congrès que le bioéthanol produit à partir de maïs mérite toujours le soutien financier du gouvernement. Toutefois, le Congrès émet quelques rétissances à financer une industrie qui, selon les critiques, devrait être capable de s'autofinancer après trente ans d'activité. La mesure des crédits d'impôts a tout de même été maintenue après une décision de la Chambre des Représentants, fin mai 2010, par l'adoption de l'American Jobs and Closing Tax Loopholes Act (H.R.4213) [3].

L'an dernier, Growth Energy, a fait circuler une pétition dans le but d'augmenter le pourcentage d'éthanol dans l'essence pour le faire passer de 10 à 15%. Mais, l'EPA, sous la pression des constructeurs automobiles, a déclaré, en décembre dernier, que des tests supplémentaires devaient être pratiqués afin de déterminer si ce pourcentage était sans danger pour les moteurs de voiture actuels. Les professionnels de l'automobile se sont eux aussi unis pour former l'Alliance of Automobile Manufacturers, qui réunit depuis 1999, des constructeurs comme BMW, General Motors ou Ford. Selon eux, ce pourcentage d'éthanol supplémentaire endommagerait les pots catalytiques compte tenu du fait que le point de combustion de l'éthanol est supérieur à celui des carburants classiques. Des études préliminaires auraient pourtant montrées que les pots catalytiques utilisés dans les véhicules classiques (c'est-à-dire conçu pour utiliser 10% d'éthanol) sont identiques à ceux des véhicules conçus pour supporter des concentrations d'éthanol plus importantes.

Par ailleurs, compte-tenu de la mise en place du Renewable Fuel Standard 2 (RFS2), préconisant une augmentation de la quantité d'éthanol produite : de 12,95 milliards de gallons en 2010 à 36 milliards de gallons d'ici 2022 [4], les industriels du secteur s'inquiètent. En effet, une telle mesure entrainerait une augmentation des stocks de bioéthanol mais pas des marchés associés d'où, une chute des prix de ce biocarburant et par conséquent du maïs. Selon l'économiste Bob Wisner, spécialisé dans les biocarburants de l'Iowa State University, si la mesure d'augmentation de la quantité d'éthanol mélangée à l'essence n'est pas soutenue, l'industrie de l'éthanol cellulosique sera également touchée.

Pour écouler leurs surplus de biocarburants les industriels ont dû avoir recours à l'exportation. Près de 72 millions de gallons d'éthanol (d'après la International Trade Commission (ITC), Department of Commerce) ont été exportés au cours des trois premiers mois de l'année 2010, vers les Emirats Arabes Unis, le Brésil, le Canada, les Pays-Bas (Europe), le Nigéria et l'Inde. Selon Joel Velasco, représentant de l'industrie de la canne à sucre à Washington, le secteur de l'éthanol de maïs serait en passe de devenir le premier exportateur mondial et les producteurs des Etats-Unis seraient compétitifs sans aucune subvention, ni facilitation douanière.

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