C’est le pari de Gare et Connexion, entité autonome gestionnaire des gares placée sous tutelle de la SNCF. Avec l’ouverture à la concurrence dès le 13 décembre 2009, le trafic dans certaines gares risque d’exploser : elles doivent donc faire peau neuve. Pour cela, elles privilégieront l’éco-conception, comme pour la nouvelle gare Besançon-Franche Comté sur la nouvelle ligne du futur TGV Rhin-Rhône.

La politique d’éco-mobilité de la SNCF, qui veut « être totalement éco-mobile en 2025 », n’est pas une simple opération de marketing pour promouvoir le déplacement électrique. Elle crée aujourd’hui, un éco-label « gare écologique » pour qualifier ses infrastructures en refonte. Pour faire face à l’afflux de voyageurs nouveaux attendu à l’occasion de l’ouverture de l’exploitation du réseau à la concurrence (4 milliards d’ici à 2030 au lieu de plus d’1 milliard aujourd’hui), la SNCF et G&C doivent en effet rénover les gares françaises.

Certains sites, comme la Gare de Lyon, ou celle de Lyon Part-Dieu saturent. En mars 2009, le rapport Keller avait mis en évidence l’état de délabrement relatif des gares françaises, qui souffrent d’un manque d’investissement depuis plusieurs années. G&C, l’organisme sous tutelle chargé de la gestion des gares a donc décidé d’investir, en faisant le pari de l’éco-conception. C’est pour soutenir ce projet que l’éco-label « gare écologique » est créé.

L’éco-conception privilégiée 

Sont concernés par ces nouvelles mesures vertes à la fois le bâtit et les services de quelque 3000 gares en France, pour un total de 4 à 5 milliards d’euros. Les nouveaux projets de gares devront tenir compte des critères"HQE", Haute Qualité Environnementale. Cela suppose entre autre l’optimisation de l’espace et de l’architecture pour limiter la dépense énergétiquela récupération des eaux de pluie pour les toilettes et l’arrosage, l’installation de panneaux solaires sur les toits et sur les parkings. 500 000 panneaux doivent être installés rapidement sur les premières gares : les travaux commenceront dès janvier 2010.

Conçues dans l’idée de faire des gares des « centre-ville », priorité sera donnée aux "modes de transport doux" : piétonniers, vélos, taxis, covoiturage, dépose-minute seront priviégiés pour accéder à ces gares nouvelle génération.

Besançon, première grande station écolo ?

La première gare vraiment éco-conçue sera bientôt opérationnelle, il s’agit de celle d’Achères ville, sur la ligne A du RER. Mais la première éco-structure de taille importante sera celle de Besançon-Franche-Comté sur la nouvelle LGV Rhin-Rhône en décembre 2011. Evoquant les remparts XVIIième de Vauban, elle prodiguera pourtant tout le confort vert moderne.

Toiture orientée plein-sud engazonnée, mais percée pour privilégier un éclairage naturel du hall, elle sera aussi équipée comme sa consœur de panneaux photovoltaïques permettant sa relative indépendance énergétique. Une centrale solaire sera aussi créée afin de subvenir aux besoins en eau chaude de la structure. Les 3000 m² de la gare seront aussi à moitié enterrés, procédé qui offrira au site un vrai confort thermique été comme hiver ! Le chauffage lui, sera du à 90% à une chaufferie à bois. Une première pour une gare. Elle sera aussi bien sûr équipée de récupérateurs d’eau de pluie. Une gare conçue pour répondre à une demande de plus en plus forte de la part des usagers en matière d’éco-infrastructures mais aussi aux préoccupations éco-responsables locales.