Mix entre oeuvre d’art et système énergétique, la centrale Diamant illumine depuis le 17 octobre dernier, les allées du Parc Naturel de Pratolino, dans la commune de Vaglia près de Florence et la statue du Colosse de l’Appennino, chef d’oeuvre de Giambologna, qui trône dans ces lieux.

La centrale-structure s’appelle Diamant et est une installation unique au monde dans son genre, conçue avec des technologies solaires et à hydrogène d’avant-garde, pour être insérée à l’intérieur des parcs naturels. Elle est à impact zéro, tant du point de vue des émissions polluantes que sur le plan esthétique. Diamant est née d’un projet conjoint entre l’Université de Pise et Enel en vue de fournir de l’énergie électrique à des centres présentant un intérêt environnemental et artistique de grande valeur. Dans un premier temps, elle aurait dû se dresser à l’intérieur du Parc Naturel de Migliarino San Rossore entre Pise et Viareggio et c’est grâce à l’engagement du maire de Florence Matteo Renzi, alors président de la région, qu’il a été décidé de l’installer à Pratolino.

"La centrale fonctionne aussi en l’absence de soleil, explique Luigi Maffei, professeur d’architecture technique de la Faculté des Sciences de l’Ingénieur de l’Université de Pise, grâce à la production et l’accumulation d’hydrogène et elle a une structure universelle sur laquelle il sera possible d’expérimenter à l’avenir les systèmes photovoltaïques les plus avancés. Le modèle esthétique suit, quant à lui, des modèles antiques : synthèse évolutive du dodécaèdre de Leonardo-Pacioli et des coupoles géodésiques de l’architecte Richard Füller, elle respecte les trois catégories Vitruviennes : utilitas, firmitas, venustas (utilité, solidité et beauté). La forme classique naît de considérations mathématiques et géométriques reposant sur le nombre d’or pour permettre d’être en harmonie avec la nature environnante."

Plus en détail, Diamant est une installation de verre et d’acier haute de 12 mètres et d’un diamètre de 8m, formée de 38 panneaux photovoltaïques à cellules monocristallines orientés vers le Sud, et 42 faces en verre trempé. Mais le plus fascinant se cache à l’intérieur du dodécaèdre hi-tech où se trouvent trois sphères de fibres de verre. "Ces sphères, poursuit Maffei, contiennent des réservoirs innovants à hydrures métalliques et à basse tension pour l’accumulation énergétique d’hydrogène. Il s’agit d’un système intégré de production et stockage d’énergie de source solaire qui assure l’autosuffisance énergétique d’une petite propriété." Dans la partie inférieure de la structure se trouve la salle des machines avec les appareils nécessaires au processus énergétique et des espaces pour en apprendre le fonctionnement pour les groupes scolaires et de façon générale, pour tous ceux qui souhaitent comprendre ce système et ceux, désireux de ne pas perdre l’émotion de quelque chose d’unique, à mi-chemin entre la technologie et l’art.