Le conseil des ministres a approuvé le 25 août 2009 la mise en place de nouveaux tarifs obligatoire de rachat de l’électricité photovoltaïque (Feed-in-Tariff). Cette décision fait suite au vote le 1er juillet 2009 par le sénat de la "loi de restructuration de l’approvisionnement en énergie" selon laquelle de tels tarifs devaient être mis en place d’ici la fin de l’année. Ils entreront en vigueur le 1er novembre 2009, et devraient prochainement faire l’objet d’un décret ministériel, précise le communiqué de M. Toshihiro NIKAI, Ministre de l’Economie, du Commerce, et des Finances.

Ces nouveaux tarifs ne concernent que la vente du surplus d’électricité photovoltaïque produite par les particuliers ou les entreprises aux compagnies productrices. Contrairement à la France, où chaque utilisateur revend à EDF l’intégralité de l’électricité photovoltaïque qu’il produit à un prix avantageux et rachète au prix du marché l’électricité dont il a besoin, au Japon, seule l’électricité qui n’a pas pu être consommée sur place est revendue.

Les nouveaux tarifs se déclinent comme suit :
– 48 Y/kWh (environ 36 centimes d’euros) pour les particuliers,
– 39 Y/kWh (environ 30 centimes d’euros) pour les particuliers équipés d’un autre système de production d’électricité,
– 24 Y/kWh (environ 18 centimes d’euros) pour les professionnels (usines et bureaux).

Le tarif actuellement pratiqué par les compagnies électriques est de 24 yen le kilowattheure. Il est à noter que le coût actuel du kilowattheure photovoltaïque estimé par la NEDO [1] est de 46 yen (34 centimes) le kilowattheure. Seuls les particuliers ne disposant pas d’autre moyen de production bénéficieront donc de tarifs supérieurs aux coûts de production actuels de l’électricité photovoltaïque. La NEDO espère néanmoins diviser par deux ce coût de production avant 2015. Ces nouveaux tarifs seront garantis par des contrats de 10 ans. Avec la baisse des coûts de fabrication des modules photovoltaïques, ils devraient néanmoins baisser dans les années à venir. Ainsi, un particulier qui signera un contrat en 2011, ne bénéficiera que d’un prix de rachat de 42 yen (31 centimes).

Bien évidemment, cette hausse artificielle des tarifs a un coût qui sera réparti sur la facture d’électricité de tous les usagers, particuliers et entreprises. La contribution de chacun dépendra de sa consommation. Dans un premier temps, la facture d’électricité moyenne des Japonais devrait augmenter de 30 yen (22 centimes) par mois en avril prochain. Avec la forte diffusion des systèmes photovoltaïques souhaitée par le gouvernement, le coût supplémentaire engendré par ces nouveaux tarifs ne cessera de croître. La facture d’électricité devrait être alourdie de 50 à 100 yen (37 à 74 centimes) dans 5 à 10 ans. Le Ministre a assuré que l’augmentation mensuelle de celle-ci ne dépassera pas 100 yen par mois.

Avec les tarifs pratiqués actuellement par les compagnies d’électricité, un système photovoltaïque s’amortit financièrement en 20 ans (ce qui correspond à peu près à sa durée de vie). Selon le METI, ces nouveaux tarifs permettraient d’amortir en 10 ans les systèmes nouvellement installés et en 15 ans ceux déjà installés.

Pour rappel, le gouvernement japonais avait interrompu en 2005 son programme d’aide à l’installation de modules photovoltaïques chez les particuliers. Le secteur du photovoltaïque avait dès lors subit un profond ralentissement de son activité.

[1] NEDO (Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles) : agence gouvernementale de financement de la recherche. Elle a publié récemment sa nouvelle feuille de route pour la recherche dans le domaine de l’énergie photovoltaïque.