L’Australie a admis mercredi sa «négligence» dans la préservation de la Grande barrière de corail dont une étude a révélé qu’elle avait perdu plus de la moitié de ses prairies coralliennes en trois décennies sous l’effet des tempêtes, de la prédation et du réchauffement climatique.

«J’imagine que l’étude a fait l’effet d’une onde de choc dans beaucoup de foyers en Australie», a déclaré le ministre de l’Environnement Tony Burke sur un plateau de la chaîne publique ABC.

Le gouvernement de centre-gauche aux affaires a pris des mesures de conservation mais «il ne fait aucun doute qu’il y a eu des négligences depuis des décennies», a-t-il ajouté.

La Grande barrière a perdu plus de la moitié de ses coraux au cours des 27 dernières années sous l’effet de facteurs météorologiques (tempêtes), climatiques (réchauffement) et industriels (nitrates agricoles), selon cette étude publiée dans la revue américaineProceedings of the National Academy of Sciences.

Et le récif pourrait continuer à se détériorer dans les mêmes proportions d’ici 2022 si rien n’était fait pour le protéger, affirme le document synthétisant pas moins de 2.258 travaux scientifiques.

Les cyclones – 34 au total depuis 1985 – sont responsables de près de la moitié (48%) de la dégradation, suivis par l’acanthaster pourpre (42%), une étoile de mer invasive également appelée «couronne d’épines», qui dévore les coraux, et le blanchiment lié au réchauffement des océans.

Le corail abrite des millions d’algues qui lui donnent ses couleurs et ne supportent pas l’élévation en cours de la température de l’eau. Une fois les micro-algues mortes, le corail se décolore et meurt de faim, se transformant en un squelette calcaire.

Le plus vaste ensemble corallien du monde

Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, la Grande barrière s’étend sur environ 345.000 km2 le long de la côte est australienne, et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde avec 3.000 «systèmes» récifaux et des centaines d’îles tropicales.

Elle abrite 400 espèces de coraux, 1.500 espèces de poissons, 4.000 espèces de mollusques et de nombreuses espèces en danger comme le dugong et la grande tortue verte.

Les récifs coralliens génèrent des dizaines de milliards de dollars de revenus touristiques chaque année dans le monde et l’enjeu de leur préservation est autant écologique qu’économique, a souligné Tony Burke.

«C’est pourquoi nous avons la responsabilité de bien nous en occuper, et cette étude est un brusque rappel que nous ne pouvons pas simplement laisser les choses en l’état», a-t-il dit.