La NASA se lance dans les vols supersoniques verts

La NASA se lance dans les vols supersoniques verts

- in Art & Culture
84
0

Le Supersonic Green Machine de la NASA veut prouver que des vols commerciaux au-delà de la vitesse du son plus écolo sont possibles… et il n'est pas le seul…

Le Concorde, prestigieux symbole de l’aéronautique moderne, a révolutionné les déplacements aériens commerciaux : capable de voler à Mach 2, c’est-à-dire deux fois la vitesse du son, il réduisit les distances en divisant les temps de vol par deux entre 1976 et 2003. Il sera imité mais jamais égalé : la compagnie russe Tupolev lança dès 1968 le Tu-144 (surnommé par les médias occidentaux « Concordski » ou « Concordoff » pour souligner sa ressemblance avec le Concorde). L’aéronef est rapidement abandonné pour des raisons de fiabilité.

 

En 1963, ce sont deux projets supersoniques américains qui sont en concurrence : le Lockheed L-2000, et le Boeing 2707, qui doit disposer d’une voilure à géométrie variable capable de propulser l’engin à Mach 2,7 (le nombre de passager prévu est de 300, soit trois fois plus que le Concorde). Ce dernier est choisi en 1966 par le Congrès… puis également très vite délaissé, notamment à cause de considérations environnementales.

C’est d’ailleurs ce qui causa beaucoup de tort au Concorde : le bang supersonique, d’abord, le bruit causé par le passage du mur du son, engendrait une pollution sonore non négligeable. Puis il y avait la problématique gourmandise de l’appareil en carburant : pour relier l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle à celui de John-F.-Kennedy (New York), il fallait pas moins de 120 000 L de kérosène ! Une consommation qui deviendra réellement problématique à partir du premier choc pétrolier de 1973 (pendant lequel les prix du brut explosent)…

Les vols supersoniques toujours d’actualité

Avec le « Supersonic Green Machine », la NASA promet : les vols commerciaux au-delà du mur du son ne seront plus jamais comme avant. L’agence spatiale américaine conçoit en effet avec Lockheed Martin (entreprise de défense et de sécurité spécialiste de l’aéronautique) un avion à vocation civile qui sera moins bruyant et moins énergivore. Son secret : une aile en « V » inversée sur la queue et un fuselage profilé à l’extrême qui atténueront le vacarme du bang supersonique et amélioreront son efficacité énergétique. Pour l’instant, le projet cherche des investisseurs. S’il aboutit, les premiers jets pourraient être mis en service dès 2030.

Mais il y aura alors certainement un sérieux concurrent dans les airs : le LAPCAT A2. Développé depuis déjà plusieurs années par la compagnie britannique Reaction Engines Limited (spécialisée dans la propulsion spatiale) et financé à 50 % par l’Union européenne (par l’intermédiaire de l’ESA : l'Agence spatiale européenne), ce programme de recherche tente de mettre au point un avion de ligne pouvant transporter jusqu’à 300 personnes à… Mach 5 : la vitesse hypersonique.

A cette allure, Bruxelles ne serait plus qu’à 4h40 de vol de Sydney ! Et comme le projet de la NASA, l’A2 se souciera de l’environnement : il fonctionnera à l’hydrogène et à l’oxygène (prélevé directement dans l’atmosphère), un mélange léger et plus propre (rejet d’eau principalement, malgré de faibles émissions polluantes d’oxydes d’azote).

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

You may also like

« Mieux dehors que dedans » présente « les sirènes des agneaux »

L’artiste Banksy a présenté une exposition dans les