En fouillant dans leurs souvenirs scolaires, certains de nos lecteurs se souviendront sans doute de l’usine marémotrice de la Rance (Finistère). Symbole de l’ingénierie française, cette centrale inaugurée en 1967 produit toujours près de 500 GWh par an à partir de la force de la marée. Quarante ans plus tard, les îles Lofoten (Norvège) s’apprêtent à accueillir au large de leurs côtes la première centrale électrique marémotrice flottante au monde. Baptisée Morild, cette machine de la société Hydra Tidal dispose de quatre turbines sous-marines à deux pales pour capter les mouvements de la houle et de la marée.

Des phénomènes particulièrement forts dans cette zone du Nord-Ouest de la Norvège. Hors de l’eau, la centrale ressemble à un petit phare et culmine à sept mètres au-dessus de la mer.

Produire 5 GWh par an

Selon ses concepteurs, Morild – qui sera ancrée dans les prochains jours – devrait atteindre une production énergétique de 5 GWh par an. Ce qui permettrait de couvrir la consommation électrique de quelques 250 familles norvégiennes. Une estimation ambitieuse qui demandera d’être vérifiée une fois les turbines à l’eau. A plus long terme, Hydra Tidal aimerait ancrer plus d’une centaine de centrales au large des îles Lofoten. Objectif : porter la production à 600 voire 700 GWh par an. Pour relever ce défi, le fabricant peut déjà compter sur le soutien des pouvoirs publics norvégiens. Sa technologie flottante bénéficie en effet de subventions du Conseil Norvégien de la Recherche (environ 330 000 euros), d’Innovation Norway (1,4 million d’euros) et de l’agence énergétique Enova (2,9 millions d’euros). Mais pour réussir, Hydra Tidal devra aussi gagner la confiance des organisations environnementales et des collectifs de pêcheurs de la région. Le fabricant et ses partenaires ont ainsi promis d’être très attentifs au bon déroulement des futures concertations.