Un avion plus écolo ? Les ingénieurs et designers y travaillent. Démonstration avec deux propositions récentes : l’une émanant des chercheurs du MIT, aux Etats-Unis, et l’autre d’un jeune créateur italien. Dans les deux cas, les standards aéronautiques sont remis en cause. Globalement, l’avion de demain ressemblera à un avion. 

Il ne s’agit pas de redessiner des appareils aux allures de fer à repasser ou de soucoupes volantes. Mais ce qui est certain, c’est que la réflexion s’oriente sur des formes plus douces, encore plus aérodynamiques que celles que l’on connaît aujourd’hui.

Les aéronefs allongés du MIT

Ainsi,  à la demande de la NASA, en collaboration avec des industriels comme Pratt & Whitney, les chercheurs du MIT, le Massachussets Institute of Technology aux Etats-Unis, ont-ils planché sur des aéronefs à l’allure plus allongée. Un design plus doux qui permettrait, semble-t-il, de diminuer la consommation de carburant de 70% par rapport à celle des appareils actuellement en service, de réduire le bruit, et aussi de diminuer de 75% les émissions d’oxydes d’azote. Deux avions ont été conçus, l’un pour les vols domestiques, l’autre pour les vols internationaux. Pour ces deux aéronefs, les réacteurs ont été placés à l’arrière de l’appareil pour une meilleure exploitation du flux d’air et de la consommation de carburant. Leur carlingue a également été considérablement aplatie dans le but d’accroître leur capacité à monter rapidement. Les détails de tous ces choix techniques sont exposés dans un article publié sur le site du MIT.

 

Un airbus dauphin

De l’autre côté de l’Atlantique, en Allemagne, c’est Victor Uribe, un jeune designer italien, qui s’est essayé à repenser l’avion de demain. Son Airbus A350H emprunte sa forme à celle du dauphin, avec une carlingue bombée sur le dessus et des ailes orientées vers le bas comme de longues nageoires fixes. Une forme plus aérodynamique parait-il. Quant aux réacteurs, ils sont orientables de telle façon à permettre à l’avion d’effectuer un décollage vertical. Ils sont aussi alimentés par de l’hydrogène cryogénisé et stocké à haute pression. Ces deux « nouveautés » auraient alors une influence positive sur la consommation de carburant.

 

Des compagnies en quête de verditude

Si ce projet relève plus de la science-fiction et de l’exercice de style que d’un réel projet aéronautique, ceux développés par le MIT semblent promis à un réel avenir. Les appareils ont été pensés pour remplacer les Boeing 737 et 777 à l’horizon 2035. Même si entre temps de nombreuses modifications auront sans doute été apportées, ces projets démontrent bien qu’une nouvelle étape est en train d’être franchie. On ne se contente plus de travailler sur la performance des réacteurs par exemple ou d’apporter quelques modifications de carlingue ici ou là. C’est le concept même de l’avion qui est remis à plat. Ce qui n’empêche pas les compagnies aériennes de faire des efforts dès maintenant. Air France par exemple a effectué début avril le premier vol transatlantique écolo. Les procédures de vol du 747 qui reliait Paris à Miami ont été optimisées. Ce qui au final a permis d’éviter de rejeter 6 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un début, en attendant les premiers vrais avions « écolos ».