C’est une première en France : le dispositif sera expérimenté à partir de samedi. Pour l’heure, une vingtaine de producteurs participent au lancement.

Le premier « drive fermier » français est né ! Il est girondin et garanti 100 % agriculteurs locaux. Le lancement officiel aura lieu le samedi 13 octobre, et le premier retrait de produits par les consommateurs pourra s’effectuer le vendredi suivant, le 19 octobre.Pour l’instant, un seul point de retrait est mis en place, à la Sica maraîchère d’Eysines (33). Un second point sera ouvert au château des Iris, à Lormont (33), à la mi-novembre. Ensuite, les sites se multiplieront à proximité de la rocade de Bordeaux, au fur et à mesure de la montée en puissance du projet qui, pour l’heure, entre dans une phase expérimentale de six mois.

Le « drive fermier » consacre le mariage des réseaux Bienvenue à la ferme (plus de 100 adhérents) et Producteurs de pays (50 marchés dans l’année) avec le Web, expliquent Bernard Artigue, président de la Chambre d’agriculture de la Gironde, et Bernard Lafon, président du Relais agriculture et tourisme.

Ces deux réseaux représentent un savoir-faire de plus de vingt ans en matière de circuits courts et de vente directe sur lequel il a été possible de s’appuyer. Même si, précise Bernard Artigue, la volonté est qu’avec le temps, « tous les agriculteurs girondins qui le souhaitent s’associent à la démarche ».

Du virtuel et de l’humain

Concrètement, l’opération va commencer avec une vingtaine de producteurs ou groupements de producteurs, couvrant une large gamme de produits : fruits et légumes, viande, volaille, vin, produits laitiers, etc., frais ou transformés. Produits secs et conserves toute l’année, fruits et légumes suivant la saison.

En se rendant sur le site www.drive-fermier.fr/33, le consommateur prendra connaissance de l’offre en ligne et aura jusqu’au mercredi minuit pour passer commande.

Le vendredi, entre 14 heures et 19 heures, il pourra alors récupérer la marchandise que le producteur concerné aura transportée lui-même aux lieux convenus. Et c’est un agriculteur qui la lui chargera dans le coffre de la voiture. « C’est une condition à laquelle nous tenons », a affirmé Bernard Artigue, le point de récupération étant également, si le consommateur le désire, « un lieu d’échange, de dialogue, avec le producteur ».

Le paiement (sans contrainte d’achat minimal) s’effectuera en ligne auprès du Relais agriculture et tourisme (lié à la Chambre d’agriculture) qui assure la gestion du dispositif, a indiqué Bernard Lafon. « C’est le producteur qui fixe le prix, le Relais ne lui prélève que 12 % pour les frais de gestion », a-t-il précisé. L’agriculteur livrant au « drive » n’est pas soumis à un cahier des charges particulier : dans le premier groupe des vingt, on trouve aussi bien des producteurs bio que des conventionnels.

Même prix qu’à la ferme

Bernard Artigue estime que la régulation se fera d’elle-même dans la relation entre le producteur et le consommateur. « La mauvaise qualité, ça se voit très vite. » Au niveau des prix, la règle est claire : « Ils ne doivent pas être supérieurs à ceux pratiqués en vente directe à la ferme. »

Du point de vue de la Chambre d’agriculture, le « drive fermier » est considéré d’abord comme un outil économique de développement de l’agriculture locale. Outil qui a l’avantage de répondre aux préoccupations du consommateur et du citoyen en termes de développement durable, de qualité et de sécurité alimentaire.

Ce premier « drive », en préparation depuis plus de six mois, ne s’inscrit pas en concurrence avec d’autres circuits courts, comme les Amap par exemple, certains producteurs participant même aux deux. L’objectif reste le même : leur offrir une rémunération juste qui se passe d’intermédiaires.

L’expérience girondine sera suivie avec le plus grand intérêt par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (Apca), qui a financé l’outil Internet (100 000 euros) dans la perspective de l’étendre à un grand nombre de départements. La Chambre d’agriculture de la Gironde a investi pour sa part 80 000 euros, avec le soutien du Conseil général, du Conseil régional et du Crédit agricole.

Rendez-vous donc le 19 octobre pour la première livraison.

Source: sudouest.fr