C’est l’un des objectifs du Grenelle de l’environnement : faire en sorte que 20% de la nourriture servie dans la restauration collective (des cantines scolaires aux restaurants d’entreprises) soit bio d’ici 2012. Cette tâche s’annonce pourtant difficile. Le repas coûtera-t-il plus cher ? L’agriculture bio pourra-t-elle faire face à l’augmentation de la demande en produits bio ? D’où viendront les produits ? Peu après la rentrée scolaire 2009, il est temps de faire le point dans les écoles.

La Fédération des maires des villes moyennes (FMVM) vient de publier les résultats d’une enquête sur la réalité du bio dans les cantines françaises. Menée auprès des maires de 89 villes moyennes – dont la population se situe entre 20 000 et 100 000 habitants – en juin et juillet dernier, l’enquête révèle les actions mises en place sur le plan local ainsi que les préoccupations des maires en matière de restauration scolaire.

On apprend par exemple que 78% des villes moyennes utilisent des produits bio dans les menus des cantines scolaires. En revanche, seules 8% dépassent les 20% de bio. La majorité utilise moins de 10% de produits issus de l’agriculture biologique. Le plus souvent, ce sont les fruits et légumes ou le pain qui sont bio. Son utilisation reste plus rare pour les féculents, viandes ou encore laitages. De nombreux progrès restent donc à faire.

Bien qu’une majorité des municipalités s’orientent vers la voie du bio, c’est principalement pour des raisons pédagogiques. Ainsi, le repas n’est plus seulement utilitaire et récréatif. Il doit s’intégrer au cœur de la journée comme un moteur d’éducation aux bonnes habitudes alimentaires. L’équilibre nutritionnel et la lutte contre l’obésité restent donc au cœur du débat sur la restauration scolaire.

Deux freins majeurs : l’approvisionnement et le coût

Malgré la bonne volonté des maires, le développement du bio dans les cantines scolaires doit faire face à deux entraves majeures : le surcoût de la conversion aux produits bio et l’incapacité des filières de l’agriculture bio de répondre à une demande croissante. Pour répondre à cette demande, les importations de produits bio ne cessent de croître. Aujourd’hui, 30% des produits bio consommés en France sont importés. Pas très écologique n’est-ce pas ? Par ailleurs, d’après l’enquête, le prix actuel d’un repas est en moyenne de 6,49€ dont 36% sont à la charge des familles. Le surcoût en matière d’achat des denrées bio est estimé entre 10% et 45%.

Des solutions pour amortir l’augmentation du prix du repas sont déjà envisagées : répercuter ce surcoût sur le contribuable, jouer sur les quantités en réduisant par exemple la part de viande, remplacer les barquettes jetables par des assiettes réutilisables… Bien que nous soyons sur la bonne voie, nous sommes encore loin de l’objectif décidé par le Grenelle Environnement et de nombreux efforts restent à faire.