L’Agence de sûreté nucléaire accusée d’être le porte-parole de l’industrie. Ottawa — En autorisant le transport de 16 générateurs nucléaires sur le fleuve Saint-Laurent, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) se fait le porte-parole de l’industrie, ont dénoncé des groupes environnementaux.


Selon le président du regroupement pour la surveillance nucléaire, Gordon Edwards, l’agence fédérale se comporte de «façon honteuse», comme la branche de relations publiques de l’industrie nucléaire, plutôt que d’être objective et de chercher à protéger les Canadiens.

L’entreprise Bruce Power veut envoyer jusqu’en Suède par navire les 16 générateurs — chacun de la grosseur d’un autobus scolaire — afin que le métal y soit décontaminé et recyclé.

En partance d’Ontario, le cargo traverserait les Grands Lacs et tout le fleuve Saint-Laurent.

La CCSN aurait même omis de mentionner des faits importants et tenté de minimiser les dangers lors des séances d’information tenues le mois dernier à l’intention des médias et des députés fédéraux, a dénoncé M. Gordon en point de presse à Ottawa, accompagné de représentants de l’organisation environnementale Sierra Club et de chefs de nations autochtones.

Aucune mention n’aurait ainsi été faite du fait que le cargo transportera plus de six fois le taux de radioactivité permis par les normes internationales. Le mot «plutonium» n’a pas non plus été prononcé, alors qu’il s’agit de la substance la plus toxique présente sur les générateurs, ont accusé M. Edwards et Nathan Cullen, porte-parole en matière d’environnement du Nouveau Parti démocratique (NPD).

En entrevue avec la Presse canadienne lundi, M. Cullen avait qualifié l’agence de béni-oui-oui («yes man») qui approuve toutes les demandes de permis sans étude ni consultations publiques suffisantes.

Le Bloc québécois et le NPD espèrent que le gouvernement va agir pour annuler les permis accordés par l’agence.