L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) a donné jeudi le coup d’envoi à un rapport qui vise à évaluer les alternatives à la fracturation hydraulique, rouvrant ainsi le dossier ultrasensible de l’exploitation du gaz de schiste.

Cet organisme qui regroupe des élus des deux chambres (Assemblée nationale et Sénat) et de tous bords, a approuvé à l’unanimité une étude de faisabilité rédigée par le député Christian Bataille (PS) et le sénateur Jean-Claude Lenoir (UMP), donnant ainsi le feu vert au lancement d’un tel rapport, qui devrait être publié cet automne, a-t-on appris auprès de l’Office.

Cette étude préalable, que l’AFP s’est procurée, souligne que la fracturation hydraulique, technique d’extraction du gaz de schiste interdite en France depuis juillet 2011, est « une technique ancienne qui évolue aujourd’hui rapidement sous l’effet de considérations environnementales de plus en plus partagées ».

En outre, une alternative, la fracturation au propane, est déjà opérationnelle et « mériterait un plus ample examen », tandis que « d’autres technologies sont envisagées en recherche et susceptibles d’aboutir à des applications d’ici une dizaine d’années », souligne encore ce pré-rapport.

L’Opecst, organisme paritaire composé de 18 députés et 18 sénateurs, est chargé « d’informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d’éclairer ses décisions ».

Sa décision de mettre à l’étude un tel rapport en décembre dernier avait été fortement critiquée par le député écologiste Denis Baupin.

Le gouvernement Ayrault a fermé la porte pour le moment à l’exploitation du gaz de schiste en réaffirmant l’interdiction de la fracturation hydraulique, seule technologie existante permettant de l’extraire du sous-sol, au nom des risques environnementaux.

Pour autant, le président de la République François Hollande a récemment relevé que la recherche de techniques alternatives à la fracturation hydraulique continuait et qu’il « prendr(ait) ses responsabilités » si une nouvelle technique respectueuse de l’environnement apparaissait.