Le ministère de l'environnement servirait-il les gros industriels dans leur démarche polluante? Il semble que le dossier du gaz de schiste ne soit pas enterré. 

Une enquête publique concernant la délivrance de permis a été lancée le 19 janvier sur le site du ministère du Développement durable. Une dizaine de sites sont concernés en Ile-de-France.

 

Suspendue il y a un an sous le feu de la polémique, l'exploration du gaz de schiste revient par la petite porte. Le maire Europe Ecologie Les Verts (EELV) de Sevran, Stéphane Gatignon, a relevé mardi le lancement, le 19 janvier dernier et "dans la plus grande discrétion", d'une "enquête publique concernant la délivrance de permis exclusifs de recherches d'hydrocarbures ayant recours au gaz de schiste".
 
 
Les documents ont été mis en ligne sur le site du ministère de l'Ecologie, "pour une durée de trente jours", soit jusqu'à la fin de la semaine. Selon le ministère, "cette mise à disposition du public se rajoute au processus existant auparavant".
Quatorze dossiers arrivés "au terme de leur instruction" sont ainsi présentés au public. Ils concernent notamment dix autorisations pour des explorations en Ile-de-France, dont les permis de Champfolie, de Nangis et de Coulommiers, qui couvrent un vaste territoire de Seine-et-Marne.
 
Les maires n'ont pas été consultés
 
En outre, assure le maire de Sevran, le "permis de Chevry" touche "près de soixante communes des départements de Seine-et-Marne, d'Essonne, du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis". "Bien entendu, précise l'élu, ni moi-même, ni aucun de mes collègues, maires de communes concernées, n'avons été préalablement consultés, pas plus que les populations."
Pour l'élu, l'exploitation d'hydrocarbures, outre les nuisances sonores, implique une pollution possible des nappes phréatiques des territoires concernés, des glissements de terrain en milieu urbain ou des "remontées bactériologiques".
En avril 2011, le gouvernement avait décidé de geler l'exploration du gaz de schiste par "fracturation hydraulique", suspectée de nuire aux sous-sols, et notamment aux nappes phréatiques.