Le parc du Serengeti menacé par un projet routier

Le parc du Serengeti menacé par un projet routier

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Le président tanzanien a assuré que le chantier devrait débuter en 2012. «Le projet de construction d'une route à deux voies sur plus de 50 kilomètres à l'intérieur du parc national du Serengeti doit être abandonné. Cette route pourrait causer un désastre environnemental en entravant la migration des grands herbivores» , explique une vingtaine de scientifiques spécialisés dans la conservation de la faune africaine.

Ils publient ce jeudi une tribune dans la revue Nature , où ils soulignent qu'une autre solution est possible. Une route contournant le parc par le sud aurait, en effet, l'avantage de désenclaver une région agricole densément peuplée alors que celle traversant le parc serait un simple couloir de circulation.

 

Pétition internationale 

 

Le projet est évoqué depuis 2005. Il a été confirmé en mai et en juillet par le président Jakaya Kikwete. Il a fait valoir que les habitants de tous les pays ont droit au développement. La revue Nature rapporte toutefois dans son éditorial que, selon certains observateurs, le gouvernement chinois serait prêt à financer le chantier, évalué à 480 millions de dollars. Les Chinois pourraient acheminer par cette route les matières premières des régions situées à l'ouest du Serengeti.

 

Une pétition internationale circule déjà contre le projet. Plusieurs tour-opérateurs ont menacé de boycotter la Tanzanie. Le Kenya, le grand voisin, a lui aussi demandé au gouvernement tanzanien de renoncer à cette route. En effet, durant la saison sèche, un grand nombre d'herbivores du Serengeti vont se réfugier dans la réserve du Masai Mara, dans le sud-ouest du Kenya, qui accueille chaque année de très nombreux visiteurs. Le tourisme est la première source de devises du Kenya.

Le parc du Serengeti stricto sensu couvre près de 15.000 km 2, soit plus que l'ensemble des parcs nationaux français réunis. Il est encore plus étendu si l'on ajoute les aires du Ngorongoro et du Loliondo qui le jouxtent à l'est. C'est le dernier écosystème de la planète où les herbivores effectuent des migrations saisonnières. Pendant la saison humide, les herbes du Serengeti nourrissent plus de 1,3 million de gnous, des centaines de milliers de zèbres et de gazelles, qui, à leur tour, servent de nourriture aux grands fauves.

Si la route coupait le Serengeti, elle empêcherait les déplacements de milliers d'animaux. Ces derniers ne trouveraient plus d'herbe ni d'eau lors de la saison sèche. Les populations pourraient passer de près de 2 millions à 300.000 grands herbivores. «Une route, c'est une barrière pour les gnous ou les zèbres» , confirme Sophie Grange, de l'université de Witwatersrand (Afrique du Sud), qui a longtemps travaillé au Serengeti. Les voitures roulant vite, des clôtures doivent être installées pour éviter les accidents. «La route favoriserait le braconnage» , ajoute Patrick Duncan, du CNRS, qui connaît bien les parcs d'Afrique australe.

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