Le puits canadien (ou provençal) est une excellente solution pour ventiler votre maison et un complément pour la chauffer ou la rafraîchir à moindres frais. Basé sur la géothermie, il apporte un véritable confort thermique de façon naturelle. Son installation nécessite cependant de prendre certaines dispositions…

Le principe du puits canadien est tiré du constat suivant : en profondeur, la température de la terre est plus froide que l’air extérieur l’été, et plus chaude l’hiver. A deux mètres de profondeur, la température du sol avoisine en effet les 15°C en période chaude et les 5°C durant la saison froide. L’idée est donc de profiter de ce différentiel thermique pour rafraîchir la maison de façon passive en été, et inversement en hiver. Le principe est simple : un tuyau enfoncé à environ deux mètres dans le sol permet de transférer la chaleur de la terre vers l’air pour un acheminement jusque dans la maison. Le puits canadien se révèle tout particulièrement efficace en période hivernale. Certes, celui-ci n’est pas suffisant pour assurer l’intégralité du chauffage, mais il constitue cependant un moyen efficace de préchauffage et une importante source d‘économies d’énergie.

Les dispositions à prendre

Pour obtenir un bon rendement, il est indiqué de suivre certaines contraintes techniques. La borne de prise d’air doit être ainsi située en hauteur pour éviter les poussières et être équipée d’au moins une grille à mailles fines. Le conduit d’air ne doit pas passer sous la maison, auquel cas il pourrait perdre des calories. Sa pente doit être suffisante, au moins 2 %, pour permettre aux condensats de s’évacuer via un siphon. En particulier l'été, l’humidité de l’air peut en effet venir se condenser dans le tuyau en se refroidissant. Enfin, pour maintenir le flux et diffuser l’air dans les différentes parties de la bâtisse, il convient d’installer un ventilateur, généralement à l’intérieur de la maison. La consommation électrique de ce dernier reste minimale. Pour plus d’efficacité, le puits canadien peut également être relié à une VMC classique, utilisant alors les mêmes bouches d’insufflation et d’extraction d’air disposées dans les différentes pièces.

Combien ça coûte ?

La fourchette de prix varie entre 300 et 10 000 euros en fonction de différents paramètres. Certains équipements qui assurent la pérennité de l'installation et qui limitent les risques sanitaires ne sont en effet pas toujours mis en œuvre. Par exemple : un préfiltre au niveau de l’entrée d’air, des tuyaux de qualité sans émission de polluants, le choix d’un ventilateur classique ou d’une installation double flux avec échangeur, etc. De plus, les contraintes imposées par certaines régions peuvent venir ajouter des surcoûts. Il faut ainsi absolument éviter les raccords si du radon (gaz cancérigène naturellement émis par la dégradation de certaines roches) est présent dans le sol car il pourrait s’y infiltrer (fréquent notamment en Bretagne). Dans ce cas, optez pour une installation extrêmement étanche.