Espèce emblématique de l’écosystème marin, la raie manta paie cher l’engouement croissant pour la médecine chinoise.

Les tigres ne sont pas les seuls animaux incontournables à pâtir de ce phénomène. Comme évoqué en janvier dernier dans ces colonnes, la demande de branchies de raies manta et mobula, « diables des mers » qui pour les premières peuvent atteindre jusqu’à six mètres d’envergure et peser jusqu’à deux tonnes – cinq mètres d’envergure et une tonne pour les secondes -, a en effet explosé ces dernières années.

Et pour cause : des praticiens de la médecine traditionnelle chinoise, qui semble être devenue le salut pour des millions d’Occidentaux et dont le succès ne se dément pas en Extrême-Orient, au contraire, leur prêtent une contribution à la stimulation du système immunitaire, à la réduction des toxines et à l’amélioration de la circulation sanguine. De même, les branchies favoriseraient la guérison de maladies très diverses et d’inégale gravité comme le cancer, la varicelle, les problèmes rénaux, les problèmes de fertilité et les affections cutanées.

Rédigé conjointement par les associations de protection de l’environnement Shark Savers et WildAid, un rapport paru en début d’année a tiré la sonnette d’alarme. Il n’a cependant eu aucun impact, les deux espèces n’ayant fait l’objet d’aucune mesure de préservation supplémentaire depuis.

Les raies manta et mobula, symboles d’un écosystème marin décadent

Selon les ONG précitées, plus de soixante tonnes de branchies de raies manta et mobula circuleraient pourtant chaque année dans le monde, alors même que ces organes ne figurent pas dans le manuel officiel de la Médecine Traditionnelle Chinoise. De plus en plus lucratif, le marché reposerait donc sur une imposture, en plus de causer beaucoup de tort à la biodiversité marine.

Et ce n’est pas tout : très appréciées des touristes, les raies seraient beaucoup plus rentables… vivantes, constituant une attraction de premier plan dans le cadre des activités de plongée. « Jusqu’à cent millions de dollars (environ quatre-vingt-un millions quatre cent mille euros) seraient générés chaque année grâce à elles dans divers pays comme les Maldives, l’Indonésie ou encore le Mexique », précisions-nous en janvier.

Nous avions aussi insisté sur le fait que, tout comme les requins, dont de nombreuses espèces sont également menacées d’extinction, les raies manta et mobula atteignent tardivement la maturité sexuelle, à neuf ans en moyenne, et ne donnent naissance à un seul petit que tous les deux à cinq ans. Autant dire que l’étau se resserre de plus en plus autour d’elles.

Source : zegreenweb

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