Un colloque organisé jeudi sur l’impact environnemental des médicaments préconise de mettre en place une échelle de toxicité des molécules, comme en Suède.

Si les médicaments soignent les patients, on ne peut pas en dire autant de la planète. C’est le constat formulé par le Comité de développement durable en santé (C2DS), qui organise jeudi un colloque sur l’impact environnemental des médicaments.

Féminisation des poissons

On retrouve des résidus de substances pharmaceutiques dans les rivières et dans l’eau de boisson, selon un rapport de l’académie de pharmacie de 2008. La plupart des stations d’épuration ne sont pas capables aujourd’hui de traiter ces molécules. Les oestrogènes synthétiques, provenant des produits contraceptifs, troublent la reproduction des poissons et sont responsables de la féminisation de certaines espèces.

Un indice venu de Suède

« C’est aussi mauvais pour la santé humaine, même à faible dose », s’inquiète Olivier Toma, président du C2DS, qui prescrit d’agir en amont. « Il faudrait avoir trois types de critères de choix pour les médicaments : l’efficacité, bien sûr, le prix et l’impact environnemental. » Son objectif : importer en France l’indice PBT utilisé en Suède. Chaque molécule reçoit une note de 0 à 9 en fonction de sa persistance, sa bioaccumulation dans le corps humain et sa toxicité. « Il y a six ans, on a demandé au ministère de la Santé et aux entreprises du médicament d’étudier cette idée en France, mais on n’a jamais eu de réponse. »

Du verre médical réutilisé dans la construction

Les déchets de médicaments polluent aussi en fin de vie. Il n’existe pas dans les hôpitaux d’équivalent à Cyclamed, qui collecte et élimine les traitements périmés des particuliers. « Des flacons en verre ayant contenu des médicaments sont broyés et intégrés à des matériaux de construction sans être rincés. C’est surréaliste », s’insurge Olivier Toma.
Le C2DS, qui avait révélé les dangers des échantillons de crème délivrées en maternité, veut faire de l’impact des médicaments son prochain combat. « C’est un problème majeur, mais les patients n’ont que peu de marges de manoeuvre. Il faut que les médecins et les centrales d’achat hospitalier s’en emparent. »