Yu Qingtai, ambassadeur et représentant spécial de la Chine pour les discussions sur les changements climatiques annonçait au début du mois d’Août, que les efforts de la Chine pour réduire les émissions de gaz à effet de serre étaient parmi les meilleurs du monde et que le pays s’engageait à les poursuivre. "La consommation d’énergie par unité du PIB a baissé de 10% par rapport à 2005, et notre but pour cette année est un autre recul de 5%", a précisé Yu Qingtai.

Publié en 2007, le Programme national chinois sur le changement climatique s’est fixé comme objectif de réduire la consommation d’énergie, par unité du PIB, de 20% avant 2010 par rapport à 2005, soit une réduction totale de 1,5 milliard de tonnes d’émissions équivalent à 300 millions de tonnes de dioxyde de carbone. "Ces chiffres montrent bien les efforts chinois dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et qu’ils n’ont pas d’équivalent", a-t-il souligné. En soulignant le statut de la Chine comme pays en développement se trouvant dans la phase de l’industrialisation et de l’urbanisation, Yu Qingtai a indiqué que le pays faisait face au double défi de développer son économie et de protéger son environnement. "La Chine compte150 millions de personnes qui vivent avec moins de deux dollars par jour, ce qui est le niveau de la pauvreté tel qu’il a été récemment établi par les Nations unies", a-t-il poursuivi.

Avec sa production d’énergie dominée par le charbon, la Chine considère l’énergie renouvelable comme une méthode pour réduire ses émissions de gaz, a-t-il expliqué. Dans le cadre de son Programme national, les énergies renouvelables représenteront 10% du total de l’énergie du pays d’ici 2010 et jusqu’à 15% avant 2020. "La Chine a fait des progrès impressionnants dans l’utilisation de l’énergie renouvelable", a affirmé Yu Qingtai, en citant les chiffres de 2008 qui montre que la Chine figure au premier rang mondial pour l’utilisation de l’énergie hydraulique et de l’énergie solaire, et au quatrième rang en ce qui concerne l’énergie éolienne. Dans les campagnes chinoises, le nombre des usagers de gaz issu de la biomasse s’élevait à 26 millions en 2007, ce qui a aidé à réduire de 16 millions de tonnes la consommation annuelle de charbon et de 44 millions de tonnes les émissions de dioxyde de carbone.

Malgré la récession mondiale qui touche aussi la Chine, le gouvernement chinois ne relâche pas ses efforts en ce qui concerne le changement climatique, a indiqué Yu Qingtai. Dans le cadre du plan de relance de 4.000 milliards de yuans élaboré l’année dernière, environ 58 milliards de yuans ont été affectés à des programmes liés à la lutte contre le changement climatique. "Cet effort classe la Chine au deuxième rang mondial en terme de pourcentage, indique un rapport fait par la Hongkong-Shanghai Banking Corporation," a-t-il ajouté. Yu Qingtai a également déclaré que le gouvernement chinois avait aussi favorisé l’utilisation de produits économes en consommation d’énergie dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. "En un mot, la Chine a pris au sérieux le changement climatique, s’est fixé des objectifs clairs et elle a décidé d’agir activement", a-t-il conclu.

La lutte contre le changement climatique était également le sujet principal de la 10e Session du Comité permanent de la 11e Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), qui s’est tenue fin août. Le projet de résolution sur le changement climatique, soumis le 25 août dernier à cette réunion réaffirme la position de la Chine en avançant cinq directives pour mieux lutter contre le réchauffement planétaire.

Ce projet indique que la Chine doit tenir ses engagements sur les économies d’énergie et la réduction des émissions en préconisant les technologies et produits économisant l’énergie, en exploitant des énergies renouvelables et propres, en développant une économie de recyclage et en protégeant davantage les espaces forestiers. "Les émissions de gaz à effet de serre devront être contrôlées et le développement de l’écologie est une des premières priorités", souligne le projet. La Chine, rappelle le document, doit intensifier le développement des infrastructures agricoles, promouvoir la restructuration agricole, renforcer la recherche et le développement des technologies économisant l’eau, ainsi que le contrôle et la protection des environnements côtiers.

Le projet reconnaît que le rôle des sciences et des technologies est très important dans la lutte contre le changement climatique. La Chine devra élaborer des plans et décider des mesures spécifiques pour développer une "économie verte" et une économie à faible émission de carbone, y compris l’augmentation des "investissements verts", l’encouragement à une "consommation verte" et à une "croissance verte".

Le gouvernement devra combiner toutes les mesures pour améliorer la capacité de lutte contre le changement climatique et servir au développement durable à long terme de l’économie et de la société, conclut le projet.