L’herbe est très efficace pour piéger les particules fines, dangereuses pour la santé.

Les toits végétalisés pourraient améliorer la qualité de l’air dans les villes. Une étude conduite à Manchester montre que si les toits du centre-ville étaient couverts de sedum – une petite plante grasse qui constitue actuellement la star des toits verts, ils pourraient piéger chaque année pas moins de 210 kg de particules fines (PM10). Tous les ans, plus de 9 tonnes de PM10 sont émises dans l’atmosphère de la grande ville anglaise. L’étude pilotée par Andrew Speak, de l’université de Manchester, est publiée dans le numéro de décembre de la revue Atmospheric Environment.Le piégeage des particules est encore plus efficace avec deux espèces de graminées communes dans les prairies des zones tempérées. Il pourrait alors atteindre près de 1,7 tonne de PM10 chaque année. Sans surprise, le piégeage est plus important à proximité des sources de pollution. «C’est pourquoi à Paris, les murs végétalisés sont une bonne formule», explique au Figaro Andrew Speak. En Europe, les toits représentent près de 35 % en moyenne du total de la superficie des villes.

Des métaux lourds

Les particules fines qui pénètrent profondément à l’intérieur des poumons peuvent être à l’origine de pathologies respiratoires graves. Dans les villes européennes, les PM10 sont surtout produites par les moteurs Diesel ou, comme c’est le cas en Chine, par la combustion du charbon. Les poussières des villes transportent aussi des métaux lourds issus de la dégradation des freins de voiture ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

C’est dans les villes allemandes et américaines que sont construits le plus de nouveaux toits végétalisés. En période de canicule, ils peuvent faire baisser la température dans les îlots urbains en diminuant la réverbération et en restituant de l’humidité dans l’atmosphère. Lors de fortes précipitations, ils peuvent aussi éviter les risques d’inondation ou d’engorgement des égouts car ils retiennent une partie des eaux de pluie qui s’écoulent vite sur les ardoises ou le macadam.

La plupart des toits végétalisés sont installés sur de nouvelles habitations et tout particulièrement sur les bâtiments publics. Leur surcoût est rapidement compensé par les économies réalisées en été pour le conditionnement de l’air.