La compagnie aérienne allemande Lufthansa va employer du biocarburant sur un vol régulier. Ce sera la première compagnie au monde à lancer un tel essai en conditions de vol réelles. A partir d’avril 2011 et pour une durée de 6 mois, un Airbus A321 effectuera ses vols entre Hambourg et Francfort avec à son bord du biocarburant

[1]. Un réacteur sera alimenté par du kérosène classique, et l’autre par un mélange de kérosène et de biocarburant, car légalement la part de ce dernier ne doit pas dépasser 50%.


Le kérosène biologique employé par Lufthansa est synthétisé par un producteur finlandais, et son homologation devrait avoir lieu en mars 2011. Lufthansa insiste sur le fait qu’il n’est pas produit sur la base de plantes qui pourraient être utilisées à des fins nutritives, contrairement aux pratiques usuelles dans le secteur automobile (l’éthanol par exemple, beaucoup utilisé au Brésil, provient de la canne à sucre). L’intérêt de Lufthansa pour les carburants alternatifs trouve sa justification dans les nouvelles directives européennes, qui intègrent les compagnies aériennes dans le marché des émissions de gaz à effet de serre à compter de 2012. Ceci provoquerait des surcoûts de plusieurs centaines de millions d’euros pour Lufthansa.

L’essai sera suivi par des scientifiques de l’Université de Hambourg-Harbourg et de l’Université technique (TU) de Munich, qui examineront notamment les répercussions sur les réacteurs. Le Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) estime déjà que ce carburant permettra de réduire considérablement les émissions de particules de suie. M. Buse, chef de projet chez Lufthansa, admet cependant que ce biocarburant ne pourra pas encore être employé à grande échelle dans les 10 années à venir. En effet, il n’a encore jamais été produit industriellement, et son coût est pour l’instant 3 à 4 fois plus élevé que celui du carburant classique.

Le Gouvernement fédéral soutient ces essais par des fonds du programme de recherche aéronautique LuFo.



[1] Plusieurs entreprises concurrentes de Lufthansa réalisent déjà des essais depuis des années avec des carburants alternatifs comme du gaz naturel ou des biocarburants, mais aucun ne dispose actuellement de retours d’expérience en conditions réelles.