l est difficile de qualifier Ma petite planète chérie, série de courts métrages animés, de nouveauté. Réalisée en 1995 par Jacques-Rémy Girerd (créateur du studio d'animation Folimage à Valence et auteur de quelques beaux dessins animés, telle La Prophétie des grenouilles, en 2001), elle a été diffusée avec succès à la télévision, vendue à l'étranger, montrée dans des festivals. Il ne faut pas aller chercher loin la raison de cette sortie tardive au cinéma.

Ma petite planète chérie est une série écoresponsable, destinée à enseigner le respect de l'environnement aux enfants. Pionnière en son temps, elle rejoint aujourd'hui une préoccupation générale. La vocation "ludo-éducative" de ces films, associée en l'espèce à une béatification écologique qui commence à saturer les écrans de cinéma et à crisper les nerfs de certains spectateurs, pourrait, a priori, jeter la suspicion sur ce genre d'exercice. Il n'en est rien. Voici neuf petits films plutôt charmants, qui mobilisent en distrayant.

Le principe est inamovible : une main maternelle éteint la lumière de la chambre de Gaston et Coline, un frère et sa soeur, qui s'apprêtent à s'endormir, quand l'araignée Zina, coiffe d'affable sorcière vissée sur la tête, descend du plafond pour leur conter une leçon de choses, les entraînant au coeur des jardins, au milieu d'une décharge, sur les toits d'une ville embouteillée.

Une aventure onirique s'ensuit, fantaisie édifiante, conclue par une joyeuse chansonnette et un suave endormissement. C'est, si l'on veut, une version écolo de l'antique "Bonne nuit les petits" (pom-pom-pom-pom) orchestré par l'ancienne ORTF avec Nicolas et Pimprenelle, au temps béni et polluant des "trente glorieuses".

Ma petite planète chérie, au dessin naïf et dépouillé, nous invite à suivre le voyage et la transformation de deux gouttes d'eau, à préserver les coccinelles pour se débarrasser des pucerons, à éviter d'accumuler les emballages inutiles, ou à accompagner sous terre la décomposition d'un papillon pour célébrer le recyclage de la vie. Chaque film distille sa petite morale éco-civique, parfois laborieusement, parfois génialement, sans jamais lasser cependant. Autant de graines semées dans l'esprit des récipiendaires de notre petite planète chérie, qui germeront peut-être un jour, si la couche d'ozone existe encore.

 


Dessin animé français de Jacques-Rémy Girerd. (44 minutes.)