La NEDO (Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles) a publié en août 2009 sa nouvelle feuille de route pour le développement du photovoltaïque au Japon. Intitulée PV2030+, elle succède à un précédent document (PV2030) rédigé en 2004. Les récentes évolutions économiques et politiques ont incité l’organisme public à anticiper sa publication.

En 2005, le gouvernement japonais, considérant la technologie arrivée à maturation, interrompt le programme d’aide à l’installation de modules photovoltaïques chez les particuliers. Il en résulte un effondrement immédiat du marché intérieur. A la même époque, les pays européens, l’Allemagne en tête, ont introduit des aides incitatives (feed-in-Tariff – FIT). Le Japon a ainsi perdu sa place de leader mondial. Par ailleurs, les questions environnementales sont devenues une des préoccupations majeures des gouvernements mondiaux. Le photovoltaïque apparait notamment comme une des solutions privilégiées par le Japon pour atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Si la volonté, exprimée dans PV2030, de « faire de la production d’électricité d’origine photovoltaïque une des énergies clefs d’ici 2030 » est toujours d’actualité, la nouvelle feuille de route a acquis deux nouvelles dimensions écologique et internationale. Sur le plan mondial, la NEDO affiche des objectifs ambitieux : les entreprises nippones doivent à terme couvrir le tiers du marché planétaire, avec une production annuelle de 300 GW en 2050. Le photovoltaïque devient un nouveau moteur du marché des exportations du pays.

La nouvelle feuille de route prévoit en déploiement massif du photovoltaïque d’ici 2050. D’abord destiné essentiellement aux particuliers, les panneaux solaires se répandront progressivement dans le paysage énergétique de pays pour atteindre sa banalisation en 2050 grâce à la grid parity (« parité avec le réseau » : lorsque le kilowattheure photovoltaïque atteindra le prix du kilowattheure du marché global d’électricité). Le Japon envisage notamment l’installation de systèmes indépendants du réseau, alimentant de grand complexes industriels tels que des usines de production d’hydrogène ou de dessalement de l’eau de mer.