Une enquête réalisée pour la onzième année consécutive par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce classement, imposé par une directive européenne, prend en compte les émissions de CO2 et les consommations de carburant.

Pour les voitures diesels qui représentent 75 % du parc automobile français, on trouve aux deux premières places quatre modèles Smart dont les émissions de CO2 ne dépassent pas 87g/km. Un modèle Renault Clio se partage la troisième place avec deux modèles Seat Ibiza et Skoda Fabia ainsi que la Volkswagen Polo Bluemotion.

Pour les voitures essence, trois modèles hybrides de Toyota (Lexus, Auris et Prius) prennent les deux premières places, suivies par deux modèles de Fiat 500. Il s’est vendu l’an dernier plus de 13.200 voitures hybrides.

Diesel ou essence, les rejets de CO2 sont quasiment identiques. Les performances affichées par les voitures sont garanties par les constructeurs pendant 160.000 kilomètres, avec une conduite standard.

Globalement, les industriels améliorent tous les ans les performances de leurs véhicules. Cette année et pour la première fois, les voitures classées aux dix premières places sont toutes en classe A (moins de 100 g/km). En 2030, les émissions de toutes les voitures devront être inférieures à 95g/km. La consommation totale de gasoil a baissé de 300.000 tonnes en six ans et de 200.000 tonnes pour l’essence, mais l’augmentation des prix des carburants joue aussi un rôle dans cette diminution.

Même les 4×4 ou les grosses voitures allemandes (Mercedes et BMW) améliorent leurs performances, mais leur poids constitue un élément rédhibitoire, 100 kg en plus augmentant la consommation de 5% et les émissions de CO2 de 5 à 10 g/km.

Changer les critères comportementaux
L’Ademe a mis en place un outil d’aide à la décision prenant en compte d’autres paramètres, comme les émissions de particules fines (très mauvaises pour les poumons) et d’oxyde d’azote (précurseur de l’ozone aux effets inflammatoires). Les informations ne sont pas encore documentées pour tous les véhicules, mas ça ne saurait tarder. L’avenir des bonus-malus devrait être connu à la fin de l’année.

Chacun peut ainsi comparer les performances de l’automobile qu’il souhaite acheter. «Mais le choix d’une voiture n’est pas entièrement rationnel, contrairement à ce qui se passe pour les camions où seuls les paramètres techniques entrent en ligne de compte», reconnaît François Loos, président de l’Ademe. La voiture n’est pas seulement un moyen de transport, c’est aussi «un objet d’exposition de son pouvoir d’achat», selon la formule de Patrick Coroller, responsable des transports et de la mobilité à l’Ademe.

Pour diminuer l’impact du CO2, les experts savent bien que les avancées technologiques ne suffisent pas, il faut d’abord changer les critères comportementaux et ensuite les modes de vie. C’est sans doute ce qui se fera au cours des prochaines années avec le covoiturage ou les services à la mobilité. «En prenant des passagers dans sa voiture pour se rendre au travail, on améliore son efficacité énergétique», reconnaît Patrick Coroller. Autant de paramètres qui ne sont pas comptabilisés dans les normes techniques du classement.