Le Ministère de l'Ecologie perd l'énergie. Les ONG déplorent le transfert du portefeuille de l'Energie au ministère de l'Economie…La nouvelle configuration du ministère de l'Ecologie, privé notamment de l'énergie, a été vivement critiquée dimanche dans l'entourage de l'ex-titulaire du poste Jean-Louis Borloo où l'on s'est dit «stupéfait», et par des ONG qui jugent qu'il perd «beaucoup de son pouvoir». «On est stupéfait de constater le démantèlement de cette maison», avec notamment le départ de l'énergie, a-t-on déclaré à l'AFP dans l'entourage de M. Borloo.

L'énergie dans le giron de l'économie

Le portefeuille de l'énergie a été confié à Eric Besson, ministre auprès de la ministre de l'Economie, et chargé également de l'industrie et de l'économie numérique. «Le super ministère est décapité. On est très très loin du pacte écologique qui est clairement déchiré», a déclaré, pour sa part, Arnaud Gossement de l'ONG Droit et Environnement, qui a participé au Grenelle de l'Environnement quand il était porte-parole de France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations). «Pour l'avenir des énergies renouvelables, c'est catastrophique», a-t-il ajouté, soulignant également que la nouvelle ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet n'était pas ministre d'Etat comme l'était M. Borloo, et que désormais le numéro deux du gouvernement était le ministre de la Défense.

«NKM» a été nommée ministre de l'Ecologie, du développement durable, des transports et du logement.

Les ONG sont déçues

«Il y a des forces hostiles à nos propositions, le monde de l'industrie fossile et nucléaire. Ils ont gagné ce soir», a déclaré à l'AFP le directeur-général du WWF-France, Serge Orru. «Maintenant, nous espérons que les forces de l'écologie feront comprendre qu'il est impératif que l'énergie réintègre ce ministère», a-t-il ajouté.

De son côté, le porte-parole de FNE, Benoît Hartmann, a fait valoir à l'AFP que «la dimension énergie était capitale pour faire un virage environnemental». Le ministère de l'Ecologie, dont l'ambition était «d'articuler des thématiques qui se tiennent», «perd beaucoup de son pouvoir et de cohérence», a-t-il jugé.

Nicolas Hulot avait lui réclamé, à l'approche du remaniement ministériel, une «impulsion claire» en faveur de l'environnement, mettant en garde contre un retour en arrière «incompatible avec le défi écologique».


Source : http://www.20minutes.fr/article/622445/planete-le-ministere-ecologie-perd-energie