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Au cours de la dernière décennie, l’architecte et anthropologue Salima Naji a œuvré pour sauver le patrimoine de plusieurs « cités oasis » dans les montagnes de l’Anti-Atlas du Maroc. Le paysage marocain sud est parsemé de citadelles et de greniers fortifiés qui ont été construits par les tribus autochtones berbères.

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Ces structures impressionnantes ont une valeur spirituelle importante et définissent ces monuments comme étant de l’héritage culturel de la région et de l’histoire religieuse. Les forteresses ont servi en tant que symboles de la liberté et de sites sacrés pour le peuple berbère, qui a continué en ce sens même après la conversion de la tribu à l’Islam.

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Le travail de Naji sur quatre sites sacrés, allant à l’échelle de greniers collectifs à des villes fortifiées partiellement abandonnées, l’a fait atterrir sur la liste des finalistes pour le prestigieux Prix Aga Khan d’Architecture.

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Pour servir le ministère marocain de l’Intérieur, Salima Naji a ambitieusement entrepris la restauration de deux sites d’Agadir Amtoudi, la réhabilitation de Qsar Assa, et le sauvetage des parties collectives d’Agadir Ouzrou. Ce réseau de sites greniers fortifiés au sud du Maroc est tombé en décadence avec le déclin de l’architecture traditionnelle berbère.

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La diffusion de l’architecture standardisée moderne du nord a rendu les méthodes de constructions vernaculaires obsolètes, en rejetant la succession de religieux et de l’identité collective de la région. Dans un processus participatif qui redynamise les sites « Oasis Sacré et collectif », le travail de Naji fournit un modèle alternatif pour la conservation au Maroc.

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Grâce à l’utilisation des maçons locaux et ouvriers non qualifiés qu’elle a formé, Naji favorise une relation entre la communauté et l’environnement historique du bâti. Ses projets s’étendent au-delà d’une simple restauration pour y inclure la création de nouveaux espaces communaux tels que les places des villages, les trottoirs publics et les théâtres extérieurs. Les greniers fortifiés ravivés se transforment en lieux de concours de poésie, des fêtes, la chanson traditionnelle berbère et des spectacles de danse. L’inclusion de deux nouveaux et traditionnels groupes communautaires dans le processus de conservation donne une pertinence culturelle moderne pour les anciens sites abandonnés. Salima Naji nous enseigne que la loi de la conservation de l’architecture et de l’espace civique sur la base de la préservation du patrimoine est la durabilité.