Deux mois après la conférence sociale, François Hollande ouvrira vendredi le chapitre écologique de son quinquennat avec une conférence de deux jours censée relancer le dialogue environnemental, à la peine, entre Etat, ONG, entreprises, syndicats et élus. Cinq ans après le Grenelle de l’environnement, 268 engagements ambitieux et deux lois, la France trie mieux ses déchets et consomme moins d’énergie, mais reste loin de ses objectifs en matière d’éolien, d’agriculture biologique ou d’artificialisation des sols.

A l’occasion de la conférence environnementale, vendredi et samedi, un bilan de l’inspecteur général des finances Thierry Wahl montre que la France est indéniablement plus « verte » en 2012 qu’en 2007.

Les Français trient mieux leurs déchêts
En matière de déchets, par exemple, les Français produisent de moins en moins d’ordures ménagères et trient mieux. Bon point également dans le logement, avec une baisse de la consommation d’énergie primaire des bâtiments résidentiels, en ligne avec l’objectif de réduction de 38% d’ici 2020 par rapport à 2006 adopté à l’issue du Grenelle.

Energies renouvelables : 13,1% de la consommation
Pour autant, nombreux sont les objectifs nés des tables rondes du Grenelle de l’environnement, en 2007, puis mis en musique dans les lois Grenelle 1 et 2, qui nécessitent un sérieux coup d’accélérateur. Ainsi, pour la consommation globale d’énergie ou de construction de bâtiments basse consommation, le rapport note des progrès mais insuffisants au regard des ambitions affichées il y a cinq ans.

Idem en ce qui concerne les énergies renouvelables, qui représentaient 13,1% de l’énergie consommée en 2011 (contre 10% en 2006) pour un objectif de 23% en 2020. Un retard symbolisé par les difficultés de l’éolien, avec 7.000 MW environ de capacité terrestre installée mi-2012, pour un objectif de 19.000 en 2020.

Des retards dans de nombreux secteurs
Le retard est plus conséquent encore dans la mise en place de zones protégées sur terre ou en mer et sur l’agriculture biologique. Le « bio » représentait 3,9% de la surface agricole en 2011 pour un objectif de 6% en 2012 et de 20% en 2020.

Plus inquiétant, les objectifs semblent carrément hors d’atteinte dans certains domaines, et notamment pour l’un des principaux: diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 pour lutter contre le changement climatique. Les émissions de CO2 sont en baisse mais à un rythme beaucoup trop lent.

De même, l’artificialisation des sols, loin d’être stabilisée au niveau de 2006, continue à croître. C’est aussi le cas de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture, en hausse alors que la France a pris l’engagement de diviser par deux sa consommation d’ici 2018.

Source : letelegramme.com et AFP

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