Le petit royaume himalayen, plus connu pour sa quête du ‘bonheur national brut’, voudrait devenir le premier Etat de la planète à vivre d’une agriculture 100%biologique. Un vrai challenge puisque ce pays était classé 40e en 2010 des pays les plus verts du monde. Un classement réalisé par les universités américaines de Yale et Columbia qui évalue tous les ans les nations de la planète à travers l’Indice de Performance Environnementale(EPI). Il permet d’examiner les politiques publiques et performances environnementales de 132 pays du monde selon 22 indicateurs : santé, qualité de l’air, de l’eau, biodiversité, agriculture, forêts, pêche et émissions de CO2, ou encore changement climatique.

Ce pays de 700 000 habitants, longtemps resté fermé au monde extérieur, a mis au point sa propre définition du développement économique, basée sur la protection de l’environnement et le bien-être. Son objectif d’ici les dix prochaines années: supprimer progressivement les produits chimiques agricoles pour que les fruits, légumes et céréales soient 100% bio. Pas une mauvaise idée puisque ce marché mondial représente plus de 40 milliards d’euros.

Alors, quels sont les dix Etats les plus écolos ? Réponse en images.

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10e : la Suède

 

Pionnière en matière d’énergies renouvelables, la Suède est un exemple pour de nombreux pays européens. Ce pays de 9 millions d’habitants s’est engagé à se passer de pétrole d’ici 2020. Le gouvernement s’est même donné pour objectif, à l’horizon 2020, d’augmenter sa part d’énergie renouvelable à 50% de l’énergie consommée, et souhaite aller encore plus loin : avec une totale neutralité carbone pour 2050.

De plus, la Suède est devenue l’un des plus grands consommateurs d’éthanol d’Europe. De nombreuses mesures ont été prises par les autorités pour favoriser l’utilisation de ce biocarburant. A titre d’exemple, les parkings sont gratuits et le stationnement coûte moins cher pour les voitures qui roulent au biogaz. Ou encore, tous les bus de ville carburent au bioéthanol, et ce depuis 1990.

Par ailleurs, ce pays scandinave est champion du recyclage : seul 1 % des ordures ménagères finissent dans des décharges, contre 38 % pour la moyenne des pays européens. Au point que le pays en fait même importer de chez ses voisins. Car l’incinération des déchets permet de produire de l’énergie qui approvisionne en chauffage et en électricité une partie de la population.

Non seulement la Suède œuvre à réduire sa consommation d’énergie fossile, mais elle essaie également de diminuer sa consommation d’énergie, avec, par exemple, le développement d’éco-quartiers.

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9e : le Royaume-Uni

La Grande-Bretagne est considérée comme le pays à l’origine des mesures agri-environnementales. Elle a été le premier Etat membre de la Communauté européenne à mettre en place des mesures pour aider les agriculteurs à favoriser des pratiques plus respectueuses de la nature.

La reine Elizabeth II souhaite elle-aussi apporter sa pierre à l’édifice écologique. Et compte bien, à sa manière, participer à la lutte contre le changement climatique.  Elle a ordonné un audit général des émissions de CO2 dégagées par les membres de la cour et de la famille des Windsor. Même le Prince Charles s’y met et organise des garden party écolo !

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8e : l’Italie

En Italie, 90% de l’énergie utilisée pour les activités domestiques et commerciales provient de l’étranger. Le retour au nucléaire a été rejeté massivement par les Italiens lors d’un référendum. L’atome banni, la seule possibilité reste l’investissement dans les énergies renouvelables.

Elles représentent 1% du PIB avec un chiffre d’affaire en 2011 de 11 milliards d’euros. Si les centrales hydroélectriques n’ont plus à faire leurs preuves, d’autres techniques connaissent un réel développement. Comme le photovoltaïque, prometteur puisqu’il bénéficie d’un taux d’ensoleillement élevé dans la péninsule. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : en deux ans, la part du photovoltaïque dans la consommation énergétique a été multipliée par 11.

Mais investir dans les énergies vertes à un prix. Les consommateurs paient ainsi l’électricité et le chauffage de 25% à 30% plus cher par rapport aux autres citoyens européens.

D’autres mesures ont également été mises en oeuvre pour améliorer la qualité de l’air. Depuis 2008, la ville de Milan a instauré un péage pour le centre ville. Un péage qui ne touche que les véhicules les plus polluants. Objectif : encourager les habitants à prendre les transports en commun pour réduire le niveau de pollution.

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7e : l’Autriche

En 1978, les Autrichiens disaient ‘non’ au nucléaire lors d’un référendum. Cependant, le pays importe son énergie de pays qui produisent avec l’atome. Mais Vienne a décidé de mettre un terme à cette contradiction et souhaite assurer son indépendance énergétique grâce aux énergies renouvelables.

Car le recours à ces énergies s’est beaucoup développé en Autriche et représente plus de 30% de la consommation totale d’énergie du pays. Le bois et l’hydraulique sont les principaux fournisseurs. Cette politique a ainsi permis de réduire de manière conséquente les émissions de CO2.

Mais le pays recherche de nouvelles formes d’énergies, car l’objectif est de taille : rendre le pays indépendant de l’importation d’énergie fossile. Ainsi, le secteur du renouvelable totalisait en 2010 un chiffre d’affaire de 5,2 milliards d’euros.

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6e : la France

Cocorico ! La France gagne trois places par rapport au classement de 2008.Une belle progression que l’on doit aux efforts des différents gouvernements, comme  la Charte de l’environnement en 2005 ou encore le Grenelle de l’environnement en 2007, qui a suscité une mobilisation nationale. Une volonté qui s’est traduite par une série d’engagements et de lois visant à améliorer l’état de l’environnement en France.

Un engagement bien ancré. La France est l’un des premiers pays à avoir créé, le 27 janvier 1971, un ministère de la Protection de la nature et de l’Environnement, alors chargé alors de coordonner les efforts des autres ministères.

Et une prise de conscience collective, puisque pour 92% des Français, la protection environnementale reste importante dans la vie de tous les jours, et que sept Français sur dix disent faire plus de gestes au quotidien en faveur de l’environnement par rapport aux années précédentes.

La France est même devenue l’une des meilleures élèves d’Europe en matière d’émissions de gaz carbonique. Depuis 2007, ce chiffre est en baisse (ce qui est lié en grande partie à l’importance du nucléaire).

Selon le rapport, la France est particulièrement performante concernant l’assainissement de l’air et de l’eau ainsi que la préservation de l’environnement et de la biodiversité.

Un bémol tout de même est pointé. Des efforts doivent être menés afin de mieux protéger les forêts et les poissons victimes de la surpêche.

Ce classement confirme la volonté de l’Union européenne d’agir en faveur de la protection de l’environnement. Dans ce top 10 des pays les plus verts figurent 7 Etats de la communauté.

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5e : le Costa Rica

Le Costa Rica, à peine plus grand que la région Midi-Pyrénées, possède près de 6 % de la biodiversité mondiale. Cette nation de 4 millions d’âmes base toute son économie sur une exploitation raisonnée des ressources naturelles : utilisation d’engrais organiques, éco-tourisme, reforestation subventionnée. C’est le premier pays qui a décidé de payer les propriétaires terriens pour replanter la forêt.

Avec près de 2 millions de touristes par an, le Costa Rica entend préserver son trésor naturel. Un quart de son territoire est protégé grâce au statut de parc national. Le tourisme durable est ainsi privilégié et le Costa Rica a réussi à échappé à la folie du béton et des bulldozers.

Le gouvernement a ainsi fait le choix de stopper la déforestation alors que l’élevage et l’agriculture menaçaient de désertifier le pays. Aujourd’hui, il est interdit de couper un seul arbre sans autorisation, bien que dans les faits, la corruption règne toujours.

A titre d’information, le Costa Rica a souscrit à de nombreux traités environnementaux internationaux. C’est le seul pays d’Amérique centrale à figurer dans ce top 10. Et c’est surtout le seul pays à ne pas faire partie du continent européen.

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4e : le Luxembourg

Ce petit Etat de 500 000 habitants, qui est l’un des pays les plus prospères économiquement de l’Union européenne, ne conçoit pas économie sans écologie. Son Gouvernement s’est fixé comme précepte de mener ‘sa politique selon les principes du développement durable et les orientations du plan national pour un développement durable’. Cette loi sur le Plan national pour un développement durable a pour objectif d’assurer au Luxembourg un développement qui concilie écologie, économie et social, tout en augmentant la qualité de vie des citoyens.

Une priorité donc, à l’image de la petite commune de Beckerich, 2 300 habitants, qui applique depuis vingt ans une politique de développement écologique et vise aujourd’hui l’autonomie énergétique.

Mais des progrès restent à faire. Les voitures neuves circulant au Luxembourg sont celles qui respectent le moins l’environnement. Le Grand-Duché se classe ainsi dernier au niveau européen en matière de rejets de CO2 émis par les voitures.

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3e : la Norvège

Le Prince Héritier de Norvège s’est engagé personnellement dans la promotion des énergies propres et la sensibilisation au réchauffement climatique. Pas étonnant puisque son pays est à la pointe de la protection de l’environnement. A quelques 1000 km au Nord d’Oslo, la ville d’Hammerfest est connue pour ses éoliennes installées au fond de la mer, ou plutôt hydroliennes, qui fonctionnent grâce aux courants marins, produisant de l’énergie 100% écologique.

D’autres initiatives ont été mises en œuvre dans ce pays nordique de 5 millions d’habitants. Une compagnie de taxis verts, 0-Taxi (0 pour ‘zéro émission’) a été inaugurée à Oslo, avec des tarifs plus bas que ses concurrents traditionnels. Les bus de la capitale vont même rouler au méthane, provenant de l’épuration des eaux usées, collecté par les stations d’épuration de la ville. Avec pour objectif de réduire les frais de carburant tout en limitant les rejets de CO2. L’ambition d’Oslo : devenir l’une des capitales les plus durables et respectueuses de l’environnement au monde.

Et la Norvège ne s’arrête pas en si bon chemin. Une prison écologique a vu le jour en 2007 sur une petite île du fjord d’Oslo. 115 détenus et 70 gardes non armés y vivent en semi-liberté dans des bungalows en bois sans barbelés ni barreaux. Les pensionnaires travaillent en plein air à l’élevage et à l’agriculture biologiques avec des chevaux pour labourer leurs champs, recyclent leurs déchets et fabriquent du compost. La prison couvre ainsi la quasi-totalité de ses besoins en nourriture et vend le surplus. Auto-suffisante en énergie, elle fonctionne à 70 % à l’aide de panneaux solaires. Une manière de concevoir l’écologie comme source d’économie.

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2e : la Lettonie

Une belle remontée pour ce pays balte d’un peu plus de 2 millions d’habitants, classé 21e il y a deux ans. Et pourtant, cette ancienne république socialiste a été marquée par la période soviétique : déchets chimiques, pollution des rivières, de la mer Baltique et de l’air ; la Lettonie partait de loin. Depuis son indépendance, en 1991, une prise de conscience a permis une plus forte coopération avec les organisations internationales et la mise en œuvre de pratiques plus écologiques. L’organisation urbaine est aujourd’hui un modèle pour les capitales européennes : de nombreux espaces verts font respirer le cœur des villes.

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Numéro 1 : la Suisse

Et le grand gagnant est… la Suisse, championne toutes catégories du respect environnemental. Elle détrône l’Islande, précédent numéro 1, relégué à la 13e place.

Parmi les facteurs décisifs de ce résultat suisse, le système de traitement des eaux usées, la qualité de l’eau, le bon système de transports et une économie efficace en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

‘Ce classement montre que le niveau des revenus des pays est un déterminant majeur dans la réussite environnementale d’un pays’, estiment les auteurs de l’étude. Sans surprise, les résultats sont bien souvent en relation avec le PIB du pays. Les problématiques sont très différentes selon le niveau de développement : alors que les pays industrialisés sont confrontés à des problèmes de pollution de l’air, les pays en développement doivent eux trouver des solutions à des eaux non potables. Le classement des 132 pays va dans ce sens, dont les trois derniers sont l’Ouzbékistan, le Turkménistan et l’Irak.

Toutefois, les auteurs du rapport nuancent leurs analyses et avertissent de l’imprécision de certaines données, notamment sur la gestion des déchets, le recyclage ou l’exposition de la population à des produits toxiques.

Source: msn – news

Voir aussi:

Les villes françaises les plus vertes

Capitales vertes d’Europe