Lorsque l’artiste français Olivier Grossetête nous a envoyé ces images de « Pont de Singe » – un intriguant « pont suspendu » qui pend de trois ballons remplis d’hélium au-dessus d’un lac au Royaume-Uni – il a inclus un avertissement. « L’utilisation de l’hélium a été parfois critiquée, » a-t-il dit, car l’hélium est difficile à extraire et, comme toutes les molécules, il devient une ressource naturelle rare. Pourtant, il y a quelque chose de tellement convaincant sur sa « da Vinci-esque conception », qui est comme une thérapie de choc pour l’imagination stagnante.

« Le pont à ballons d’hélium semble être une loi abstraite de la gravité et de notre perception », a écrit Grossetête. Et il nous invite aussi à réfléchir à faible impact, sur la conception temporaire qui peut réagir à son environnement naturel. Comme l’ouragan Sandy l’a révélé, les niveaux d’eau sont à la hausse et nous pourrions être contraints de développer de nouvelles infrastructures qui puissent fonctionner sans ancre terrestre.

« Pont de Singe » se fonde sur une installation antérieure appelé « Pont suspendu, le passage», selon l’artiste, qui a également été attaché à des ballons d’hélium. « J’aime l’idée qu’un objet est censé relier deux espaces mobiles, remettant en question son utilité », a-t-il dit. Le pont n’est pas assez solide pour les passants, il est donc plus un art qu’une infrastructure, et il est soumis aux caprices du vent, mais son empreinte douce nous inspire de reconsidérer la relation entre la nature et l’environnement bâti.