Les prises de paroles se multiplient alors que les pouvoirs publics devraient bientôt tirer les enseignements d’un an d’expérimentation sur l’affichage environnemental. Alliance Carton Nature (ACN) qui regroupe les fabricants de briques alimentaires, publie les résultats d’une étude menée avec France Nature Environnement (FNE) sur la compréhension par les consommateurs de l’impact environnemental de leurs achats. Ils en tirent des recommandations pour favoriser la communication sur les avantages de la brique et améliorer son taux de recyclage.

Initialement prévu dans le cadre du Grenelle de l’environnement pour être généralisé au début de l’année 2012, l’affichage environnemental a finalement fait l’objet d’une expérimentation menée par 168 entreprises de tous secteurs de juillet 2011 à l’été 2012. Les pouvoirs publics sont désormais en mesure d’en tirer les enseignements nécessaires pour décider quelle forme donner à cette étiquette verte, censée guider les consommateurs lors de leurs achats vers les produits les plus respectueux de l’environnement. Plusieurs ONG ont plaidé auprès du ministère de l’environnement le 26 novembre dernier pour généraliser cet affichage environnemental.

La brique, plus verte que la bouteille en plastique et la bouteille en verre

C’est avec deux objectifs principaux que Alliance Carton Nature (ACN), qui regroupe les fabricants de briques alimentaires (destinées aux aliments liquides, soupes, jus de fruits, lait, eaux, etc.), a mené une étude qualitative en collaboration avec France Nature Environnement (FNE). «D’une part, accroître le taux de recyclage de la brique, d’autre part, trouver les meilleurs moyens de communiquer sur ses avantages environnementaux», précise Aymeric Schulze, le directeur général de FAC.

Car celle-ci, en concurrence frontale avec la bouteille en verre et celle en plastique, présente en effet un meilleur bilan environnemental, notamment sur le plan des émissions de CO2. Un avantage qui provient avant tout de la légèreté de la brique, de la forte consommation d’énergie nécessaire pour fabriquer du verre, et du contenu en produits pétroliers des bouteilles en plastique. Mais aussi, de l’utilisation pour sa fabrication de pâte à papier issue de forêts gérées de manière durable, ce qui est garanti par le label FSC (Forest Stewardship Council), reconnu dans le monde entier et dont bénéficie déjà la majorité des produits fabriqués par les membres de ACN. En revanche, sur un point au moins, la bouteille en verre, a l’avantage: son taux de recyclage de 63%, contre 41% pour la brique alimentaire et 51% pour la bouteille en plastique (chiffres de 2009).

Mieux informer les consommateurs de l’impact de leurs efforts

Mais pour mieux comprendre l’impact de leurs achats sur l’environnement, et en particulier celui du choix du type d’emballage, encore faudrait-il que les consommateurs aient une vision complète du cycle de vie d’un produit. Or l’étude révèle qu’ils sont surtout focalisés sur la phase d’utilisation et éventuellement de fin de vie, et ignorent largement les phases amont, de la fabrication à la distribution en passant par le conditionnement et le transport.

Autre enseignement de l’étude, les consommateurs attendent des retours d’information sur les effets de leurs éco-gestes. Par exemple, des chiffres concernant la réduction des déchets, l’augmentation des surfaces cultivées en agriculture bio, la baisse du prix de ces produits grâce à l’augmentation des consommations, l’utilisation des matières issues du recyclage…

Devant une certaine lassitude liée à l’écologie, il conviendrait en outre de mieux mettre en valeur les retombées nationales, locales, voire individuelles, en termes d’emplois, de pouvoir d’achat, de confort ou de santé, du choix des produits les plus «verts».
Aymeric Schulze fait remarquer à cet égard qu’un taux de recyclage accru permettrait de justifier l’investissement dans des processus plus efficaces de séparation des couches plastique, aluminium et carton, et donc le coût de ces opérations.

A la fois une appoche multicritère et une note globale

Quant au format même de l’étiquette verte, l’étude conclut que pour répondre aux attentes des consommateurs les plus sensibilisés aux thématiques environnementales, comme à ceux, nettement plus nombreux, qui n’y connaissent pas grand-chose, il faudrait concilier une approche multicritère (CO2 émis lors de la fabrication, du transport, eutrophisation des sols, acidification des eaux, recyclabilité des emballages, etc.) ainsi qu’une note globale. Elle ne tranche donc toujours pas entre ces deux approches qui opposent entre eux les experts comme les industriels, car elles n’engendrent pas les mêmes coûts mais ne permettent pas non plus le même niveau de compréhension des impacts.

Après la remise des évaluations par les entreprises ayant participé à l’expérience, un rapport définitif doit être transmis au Parlement avant une éventuelle généralisation. Anticipant un délai de mise en oeuvre, et pour mieux y préparer les consommateurs, ACN et FNE préconisent dans l’immédiat des actions de pédagogie de la part des pouvoirs publics, qui s’inscrivent dans la durée et se déclinent localement.