Une Grande muraille « verte » en plein désert

Une Grande muraille « verte » en plein désert

- in Art & Culture
111
0

 

Les forêts sahéliennes perdent 2 millions d’hectares par an. Pour procéder à une reforestation, onze pays africains participent à la construction d’une Grande muraille verte. Stopper l’avancée du Sahara : tel est le souhait de nombreux Africains. Pour contrer le sable sahélien, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo avait émis l’idée, en 2005, de construire une Grande muraille verte. 

10 km réalisés… en cinq ans 



Dans les faits, cette muraille verte sera longue de 7 000 km et large de 15 km. Elle sera composée d’acacias et d’arbres fruitiers adaptés aux milieux arides ainsi que de bassins de rétention qui recueilleront l’eau de pluie. « C’est un rêve qui commence à devenir réalité », s’est enorgueilli Abdoulaye Wade, nouveau « promoteur » du projet après la disparition de l’ancien président nigérian. 



Le président sénégalais ne croit pas si bien dire, ce n’est que le début. Cinq ans après l’annonce de la naissance de cette Grande muraille verte, seuls 10 km ont été réalisés. Sur 7 000, le chemin est encore long. D’autant que les forêts de la région disparaissent à une allure vertigineuse. Selon la FAO, 2 millions d’hectares de végétation disparaissent chaque année. Déforestation, sécheresse intense, feux de forêts… cette Grande muraille est censée non seulement stopper les velléités du désert de rogner petit à petit la terre des hommes, mais en plus elle doit permettre de replanter des milliers d’arbres. 





Obtenir le financement à Copenhague



Premier obstacle de taille : le financement. Les onze pays associés à l’événement entendent d’ailleurs profiter de Copenhague pour taper du poing sur la table et réclamer les financements nécessaires à leur survie. « L’Afrique ne viendra pas les mains vides au sommet de Copenhague. Le projet de la Grande muraille verte sera au cœur du débat et sera présentée par le président Abdoulaye Wade », claironne-t-on au ministère sénégalais de l’Environnement. L’Afrique compte bien mettre en avant les initiatives concrètes qu’elle entend mener pour faire face au réchauffement climatique. Elle espère maintenant que ses efforts d’adaptation seront récompensés à juste titre. 



Autre obstacle au développement du projet : le scepticisme de certains, même parmi les Sénégalais. Exemple en la personne d’Haïdar El Ali, écologiste au sein de la plus grande association de protection de l’environnement du pays, l’Océanium qui déclare : « Je ne crois pas à ce projet dans la mesure où les forêts que nous avons brûlent 1 500 fois par an, sans qu’aucun service d’Etat ne les éteigne ». Croyant plus à une opération de communication censée récolter des fonds qu’à un véritable souci de reforestation, il emploie même les termes de « show ». Et pour cause, son association a procédé ces trois derniers mois à une opération de plantation de palétuviers sur 5 000 hectares. Sans aucun battage médiatique !

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

You may also like

« Mieux dehors que dedans » présente « les sirènes des agneaux »

L’artiste Banksy a présenté une exposition dans les