Faut-il appeler les déménageurs ?

La Terre, cette parfaite planète, mère de la vie elle-même. Il est de bon sens de penser que la planète bleue est la « meilleure » planète, celle qui permet la création de la vie, son développement et beaucoup d’autres choses. D’ailleurs, quand les astronomes trouvent une nouvelle planète potentiellement habitable, ne parle-t-on pas de « nouvelle Terre » ? Et si tout le monde se trompait ? Et si d’autres exoplanètes dans d’autres systèmes solaires étaient en fait mieux adaptées à la vie que la Terre ? Incroyable, mais c’est pourtant ce qu’assure l’étude « La recherche de formes de vie suggère des systèmes solaires plus habitables que le nôtre » (« Search for Life Suggests Solar Systems More Habitable than Ours) menée par des astronomes et des géologues de l’Université Ohio State aux Etats-Unis.

Les universitaires se sont ainsi intéressés à des étoiles dont l’âge, la composition mais aussi la taille sont similaires à ceux du soleil. En combinant leurs résultats avec les théories qui expliquent pourquoi la Terre permet la vie, l’équipe de chercheurs a découvert que les autres planètes étudiées pouvaient être plus chaudes et plus dynamiques que notre planète, ce qui pourrait faire d’elles des planètes plus hospitalières.

Les résultats préliminaires ont en effet montré que l’intérieur des planètes rocheuses, de type terrestre orbitant autour des étoiles ressemblant au soleil, est le plus souvent 25% plus chaud que celui de la Terre. Or les intérieurs dont la température est plus élevée devraient permettre aux plaques tectoniques de durer plus longtemps, ce qui aide notamment l’eau à rester à la surface. Pour arriver à ces données sur la température des planètes, les scientifiques se sont penchés sur la concentration d’éléments comme le thorium et l’uranium qui, avec le potassium, réchauffe l’intérieur de la Terre.

La chaleur influence également plus généralement la zone habitable d’une étoile. L’un des chercheurs, Cayman Unterborn, explique ainsi : « S’il s’avère que ces planètes sont plus chaudes que ce qu’on pensait précédemment, alors nous pouvons en effet augmenter la taille de la zone habitable autour de ces étoiles

[…] et même considérer ces planètes plus hospitalières à la vie microbienne« , avant d’ajouter que « pour le moment, la seule chose que nous pouvons affirmer est qu’il existe une variation naturelle d’éléments radioactifs à l’intérieur d’étoiles comme la nôtre. Mais avec seulement neuf échantillons […], nous ne pouvons pas vraiment en dire plus sur cette variation dans la galaxie. Mais d’après ce que nous savons sur la formation des planètes, nous sommes sûrs que les planètes orbitant autour de ces étoiles font probablement état de la même variation, ce qui a des implications sur la possibilité de formation de la vie« .

Ces recherches représentent donc un pas supplémentaire vers une éventuelle découverte de vie extraterrestre. En effet, il existe sur la Terre des bactéries qui ne voit jamais la lumière du soleil, et ne vivent que grâce à la chaleur émanant de l’intérieur de notre planète. Pourquoi cela ne pourrait-il donc pas être le cas pour d’autres bactéries, disons des micro-organismes extraterrestres… La question reste ouverte.

Source: atlantico.fr